Attentats en Catalogne: La mosaïque de Joan Miró devient un lieu de recueillement

TERRORISME La voiture bélier de l'attaque de Barcelone a fini sa course sur l’œuvre de l’artiste barcelonais jeudi soir, après avoir tué quatorze personnes…

Anne Demoulin

— 

La mosaïque Le Pla de l'Os de Joan Miró à Barcelone.
La mosaïque Le Pla de l'Os de Joan Miró à Barcelone. — eric/https://www.flickr.com/photos/33918688@N06/6267615817/

Tout un symbole. La fourgonnette, qui a foncé dans la foule à Barcelone dans l’avenue très fréquentée des Ramblas faisant 14 morts ce jeudi, a terminé sa folle course sur l’emblématique mosaïque de l’artiste barcelonais Joan Miró. Cette œuvre est devenue le lieu de recueillement et d’hommages aux victimes des attentats ce vendredi.

Nombreux sont ceux qui y déposent des fleurs, des bougies ou des jouets.

>> A lire aussi : Ce que l'on sait de l'attaque à Barcelone et à Cambrils

Miró « n’aurait jamais imaginé son œuvre couverte de sang »

La Rambla, avenue la plus touristique de la ville, relie la place de Catalogne au Nord au port de Barcelone au sud. L’espace central de cette artère offre une esplanade, Le Pla de l’Os, sur laquelle se trouve l’œuvre de l’artiste espagnol Miró, intitulée simplement Le Pla de l’Os, juste devant la fameuse porte de la Boqueria.

Des millions de touristes et locaux marchent dessus chaque année, parfois sans y prêter attention. Installée en 1976 par l’artiste barcelonais, la mosaïque se situe à proximité du passatge del Crèdit où Miró est né le 20 avril 1893.

L’office du tourisme de la ville explique que l’intention de l’artiste « était que les passants de la Rambla marchent sur la mosaïque » et qu’il lui importait peu « si elle devait peu à peu se dégrader au fil du temps ».

Comme le souligne la petite-fille du célèbre galeriste Aimé Maeght, le marchand d’art de Miró, la scénographe et commissaire d’exposition Yoyo Maeght, l’artiste « n’aurait jamais imaginé son œuvre couverte de sang ».

« Un lieu de rassemblement pour les gens de paix »

Joan Miró a, tout comme Gaudí, profondément marqué de son empreinte la ville de Barcelone. En atterrissant à l’aéroport d’El Prat, une grande mosaïque réalisée par l’artiste avec son ami Josep Llorenç Artigas souhaite la bienvenue aux visiteurs sur le mur du Terminal B. La majeure partie des œuvres sont réunies à la Fondation Miró, inaugurée en 1975 au centre du Parc de Montjuïc, que l’on doit à son ami Josep Lluís Sert. Et dans le parc Joan Miró s’élève la fameuse sculpture Dona i Ocell (Femme et Oiseau), bâtie en 1983, ultime œuvre monumentale (22 mètres de hauteur) de l’artiste catalan.

La mosaïque est caractéristique du travail de l’artiste barcelonais : des couleurs élémentaires, le jaune, le bleu et le rouge, des formes simples, une forme circulaire rappelant l’obsession du plasticien pour le cosmos (qui a réalisé au début des années 1940 la série de 23 œuvres baptisée Constelaciones, au travers de laquelle il voulut représenter l’union du cosmos et du monde terrestre). Une œuvre a été conçue pour être un symbole de bienvenue et une porte ouverte sur l’avenir, « un lieu de rassemblement pour les gens de paix », comme résume un twittos espagnol

Elle a été restaurée en 2006, à l’occasion des 30 ans de l’œuvre, par la mairie de Barcelone. Les mosaïques avaient perdu leurs belles couleurs… comme ce vendredi.