Diversité: Des réalisatrices plaident pour l'instauration de quotas à Hollywood

EGALITE DES CHANCES Mercredi, lors d’une conférence à Los Angeles des réalisatrices ont témoigné des difficultés à convaincre les studios de faire appel à leurs compétences…

20 Minutes avec AFP

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Les réalisatrices Gwyneth Horder-Payton, Liza Johnson, Alexis Ostrander, Meera Menon, Steph Green, Rachel Goldberg et Maggie Kiley ont participé à le 9 août 2017 à une conférence sur le dispositif «Half initiative», à Los Angeles.
Les réalisatrices Gwyneth Horder-Payton, Liza Johnson, Alexis Ostrander, Meera Menon, Steph Green, Rachel Goldberg et Maggie Kiley ont participé à le 9 août 2017 à une conférence sur le dispositif «Half initiative», à Los Angeles. — Buchan/Variety/Shutters/SIPA

Des réalisatrices de séries telles que Scandal, The Americans ou American Horror Story, estiment que des quotas sont nécessaires pour améliorer la diversité à Hollywood, où les femmes demeurent peu nombreuses derrière la caméra.

« Je ne veux jamais me dire qu’on m’embauche parce que je suis une femme, mais peut-être qu’en ce moment on a besoin de quotas », a déclaré Maggie Kiley mercredi au cours d’une table ronde organisée par la chaîne FX lors des rencontres de la Television Critics Association (TCA).

« S’il faut en passer par là, alors il faut en passer par là »

Sept cinéastes ont participé à cette discussion, dont Rachel Goldberg qui s’est dite elle aussi favorable à l’instauration de quotas : « S’il faut en passer par là, alors il faut en passer par là »

Les réalisatrices ont livré leurs témoignages sur leurs expériences avec certains studios. Certaines se sont entendues dire « Il faut que vous ayez déjà réalisé un épisode de télé, on ne peut pas être votre premier » ou « Faites-en encore un » avant de se voir donner une chance, tandis que certains homologues masculins n’avaient qu’à tourner un court-métrage pour être embauchés.

Steph Green, qui a tourné des épisodes de Scandal ou Luke Cage, entre autres, a évoqué les réactions étonnées et dubitatives des interlocuteurs apprenant qu’elle travaillait sur des séries d’action. « Oui je peux faire des films d’action, oui je travaille avec du (faux) sang ou j’ai déjà filmé des cascades », a embrayé Maggie Kiley.

« On a juste besoin que quelqu’un nous donne une chance »

Les quotas sont « nécessaires pour que les femmes puissent obtenir un premier emploi de réalisatrice mais aussi pour changer les mentalités », pour que les gens s’habituent à voir des femmes diriger un tournage, résume Meera Menon, qui vient de signer un épisode de Snowfall.

« On n’est pas débutantes (…) on a juste besoin que quelqu’un nous donne une chance », a souligné Rachel Goldberg, qui a rendu hommage au producteur Ryan Murphy (Glee, American Crime Story…) pour avoir « changé [sa] vie » en lui confiant la réalisation d’un épisode d’American Horror Story.

Seulement 10 % de réalisatrices à Hollywood

Ryan Murphy et la chaîne FX ont lancé en 2016 le projet « Half Initiative » dont l’objectif est d’embaucher au moins une moitié de réalisatrices ou de cinéastes de minorités ethniques, FX avance que le nombre de réalisatrices chez elle est passé de 12 % en 2015 à 51 % l’an dernier.

D’après le dernier rapport annuel sur la diversité à Hollywood de l’université UCLA, les minorités représentent 40 % de la population américaine mais seulement 10 % des réalisateurs. La part des femmes, qui représentent la moitié de la population, est elle aussi de 10 %.