VIDEO. «Le tourbillon», «J'ai la mémoire qui flanche»… Jeanne Moreau était aussi une grande chanteuse

DECES La comédienne de cinéma et de théâtre, décédée le 31 juillet 2017, a aussi de nombreuses chansons à son actif…

Benjamin Chapon

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Jeanne Moreau et Vanessa Paradis interprètent Le tourbillon au festival de Cannes 1995
Jeanne Moreau et Vanessa Paradis interprètent Le tourbillon au festival de Cannes 1995 — NIVIERE/BARTHELEMY JEAN-GABRIEL/SIPA

Un jeu, un regard… et une voix. Jeanne Moreau s’est éteinte le 31 juillet 2017. Avec elle le cinéma perd l’une de ses plus grandes actrices. Mais la chanson perd également une interprète  qui connut plusieurs grands succès dans les années 1960.

L’acte de naissance de Jeanne Moreau chanteuse au lieu à l’écran : dans Jules et Jim, elle interprète Le tourbillon. En 1995, cette chanson est encore dans toutes les mémoires quand Vanessa Paradis vient l’interpréter devant Jeanne Moreau lors du festival de Cannes.

La chanson fut un succès qui conduisit Jeanne Moreau à enregistrer un premier album entier de chansons de son auteur, Serge Rezvani. On y trouve par exemple J’ai la mémoire qui flanche, La vie de Cocagne et Le blues indolent.

Pour ces chansons, Serge Rezvani signe avec le pseudonyme Cyrus Bassiak, un jeu de mots qui veut dire « va-nu-pieds » en russe. Serge Rezvani était un artiste ami de Jeanne Moreau et François Truffaut. C’est presque par hasard  que le réalisateur choisit d’inclure la chanson le Tourbillon dans Jules et Jim. La chanson n’a pas grand-chose à voir avec l’intrigue et avait été écrite pour moquer l’habitude de Jeanne Moreau de quitter puis se réconcilier avec son compagnon de l’époque, Jean-Louis Richard.

Un succès encombrant

Le premier album de chansons de Cyrus Bassiak interprétée par Jeanne Moreau leur vaut le Grand prix de l’Académie Charles-Cros en 1964. Ces années-là, Jeanne Moreau est souvent sollicitée pour chanter à la télévison.

Elle reprend par exemple « Il n’y a pas d’amour heureux » et « Où vas-tu Mathilde ? »

De son aveu même, ces succès lui font envisager de se consacrer à une carrière de chanteuse. Si elle ne s’y investira jamais pleinement par la suite, elle fut tout de même l’interprète de ses propres textes sur un album composé par Antoine Duhamel en 1969 et de chansons de Géo Norge dans un album en 1981.

Une carrière marquée par la mort

Elle restera aussi comme l’interprète d’India Song, chanson écrite par Marguerite Duras pour son film de 1975.

Dans la deuxième partie de sa carrière, Jeanne Moreau continua d’inspirer les musiciens et cinéastes.

En 1982, Rainer Fassbinder lui fait chanter Each man kills the thing he loves dans son dernier film, Querelle.

En 2010, Etienne Daho invite Jeanne Moreau à réciter le long poème de Jean Genet Le condamné à mort, sur son album du même nom.

Cette interprétation fait directement écho à la première image de Jeanne Moreau en musique, dans Ascenseur pour l’échafaud, de Louis Malle, elle déambulait dans les rues de Paris, sous la pluie et la musique de Miles Davis