VIDEO. Fally pourra-t-il, un jour, jouer son nouvel album en concert à Paris?

MUSIQUE L’artiste congolais a vu son concert du 22 juin annulé à la demande de la préfecture de police qui craignait pour la sécurité des spectateurs...

Benjamin Chapon
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Fally Ipupa
Fally Ipupa — MPC

Le 22 juin, Fally Ipupa devait donner le concert de lancement de son nouvel albumTokooos. Suite aux menaces du groupe des Combattants, des opposants politiques à Joseph Kabila, le concert a été annulé à la demande de la préfecture de police qui craignait pour la sécurité des spectateurs.

Depuis, Fally et ses équipes cherchent à réorganiser un concert à Paris. Les récentes violences, à nouveau l’œuvre des Combattants qui ont empêché le concert à l’Olympia d’Héritier Watanabe, n’encouragent pas à l’optimisme. La préfecture de police de Paris reste extrêmement frileuse sur la question.

Fally vient de sortir un album spécialement conçu pour le public français

Star dans son pays, le Congo, et chouchou des Booba, Shay et autres MHD en France, Fally Ipupa vient pourtant de sortir son premier album spécialement conçu pour le public français. « Je voulais essayer une nouvelle direction, explique Fally. Je fais toujours de la rumba mais tournée vers le monde, plus ouverte, avec plus de paroles en français. Dans les textes, c’est toujours des chansons d’amour. Je reste un artiste romantique. Depuis quelques années, mes chansons sont de moins en moins violentes. Je n’aime pas ça, les vulgarités, les insultes… Ma musique, elle se danse à deux. »

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Si le concert parisien n’a pas pu avoir lieu, Fally a présentéces nouvelles chansons à ses fans congolais lors d’un concert à Kinshasa. « L’accueil du public a été… compliqué. Ce n’est pas un album comme d’habitude. Ils ont été surpris. »

« Je ferai toujours de la musique africaine »

Au Congo mais aussi au Nigeria, en Namibie et partout en Afrique, Fally est une immense star associée à la rumba congolaise. Ce nouvel album, Tokooos, porte le nom d’un genre que Fally assure avoir inventé. « Il n’y avait pas vraiment de mot pour décrire la musique que je voulais faire alors je l’ai inventé, et je l’ai déposé, c’est mon label. J’ai créé ce mot pour en faire une marque. J’ai un studio, une télé, une radio… »

Tokooos a exigé quatre ans de travail, entrecoupés de nombreuses tournées, à Fally et son équipe. « Je vis entre Paris et le Congo. J’ai besoin des deux. Mon public congolais est un peu jaloux que je fasse cet album. Ce n’est pas qu’ils n’aiment pas ma nouvelle direction mais ils auraient voulu me garder pour eux. Ils ont peur que je me mette à faire de la variété française. Mais ça n’arrivera pas. Je ferai toujours de la musique africaine. Mon prochain album sera communautaire. Maintenant je vais alterner les albums de Tokooos et les albums plus classiques. »

Le combat pour la France et le Congo

Déjà largement reconnu par de nombreux artistes français, Fally ne cache pas son ambition de trouver un nouveau public. « Je ne fais pas ça pour l’argent. Il y a des artistes africains riches qui ne sont connus que dans leurs pays. Mais ça fait dix-huit ans que j’habite entre Paris et Kinshasa, j’ai besoin d’avoir une reconnaissance en France aussi. Je suis reconnu chez les artistes français, ma musique a inspiré des gens très connus ici mais je veux être reconnu aussi avec mon nom, avec ma musique à moi. »

Voilà pourquoi l’impossibilité de donner un concert l’agace et l’attriste. Il ne comprend pas les accusations de collusion avec le régime de Kabila, prétexte pour lequel les Combattants l’empêchent de se produire sur scène en France.

« Ils se trompent de cible et de combat. Ils ont vraiment l’impression d’aider les Congolais en faisant ça ? Je suis avec le peuple, je partage ses souffrances. Mais je suis un artiste apolitique. Je préfère agir. Je cherche des solutions pour aider les gens. J’ai créé une fondation qui aide des villages. J’ai offert une ambulance, j’ai aidé des écoles, j’ai acheté des lits pour un orphelinat, j’ai payé pour un puits qui donne de l’eau à 20.000 personnes… C’est comme ça que je fais de la politique, en aidant des gens. »