Festival The Peacock Society à Paris: «C’est électrique, il y a une énergie, un esprit fédérateur»

ELECTRO Jusqu’à dimanche, le parc Floral de Paris accueille le festival dédié à la musique électronique…

Clio Weickert et Romain Lescurieux

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Jusqu'à dimanche, le parc Floral de Paris accueille le festival The Peacock Society dédié à la musique électro
Jusqu'à dimanche, le parc Floral de Paris accueille le festival The Peacock Society dédié à la musique électro — Maxime Chermat

Les paons du bois de Vincennes vont pouvoir se secouer le bas des reins tout le week-end. Les amateurs de bons sons aussi. Dès 20 heures ce vendredi et jusqu’à l’aube dimanche, le parc Floral de Paris accueille une nouvelle fois le festival The Peacock Society, qui depuis sa création en 2013, est l’un des temps forts de la saison des musiques électroniques.

Au programme ? Nina Kravitz, Dixon, Kayranada, Kekra, Fils de Venus et bien d’autres… mais aussi un barbeuc, un ciné-club, un coin chill sous les arbres et un grand warehouse. 20 Minutes a rencontré Clément Meyere, programmateur du festival, et Alexandre Jaillon, directeur et cofondateur de We Love Art.

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Quel est l’esprit du festival Peacock Society ?

Clément Meyere : L’idée c’était de créer une communauté autour de l’exubérance, de la musique et des artistes. Après, d’un point de vue musical, l’esprit de l’événement c’est le festival de la culture électronique, donc une offre musicale avant-gardiste avec des partis pris forts, et qui permettent de partir dans plein de directions. On tente de créer des passerelles entre toutes les différentes musiques et de le faire de façon pertinente pour le public. Cette année par exemple on va avoir de la house, du disco, du footwork, de l’electronica, du hip-hop, et pour la première fois un live de rap français avec Kekra.

Quel est le public du festival ?

Clément Meyere : Nous avons un public très ouvert d’esprit, demandeur de nouvelles expériences et qui n’a pas peur de passer les passerelles. Ils ont envie de découvrir des choses. Si la plupart ont entre 20 et 25 ans, globalement il y a un brassage de plusieurs générations de fans de musique électronique.

Alexandre Jaillon : On mixe les populations et les tranches d’âge. Là, il y a un renouveau avec un public un peu plus jeune. Mais quand tu es fan d’electro, tu le restes, avec plus ou moins d’implication, et tu es content d’y regoûter de temps à autre.

Justement, on entend beaucoup parler du renouveau, du retour de la nuit, de la fête à Paris, qu’en pensez-vous ?

Clément Meyere : Depuis quelques années, on a vu beaucoup de nouveaux acteurs arriver sur la scène parisienne. Il y a 5 ans, il n’y avait aucun festival electro à Paris, aujourd’hui, il y en a quasiment tous les mois. En 2009, la pétition « Quand la nuit parisienne meurt en silence », a été un détonateur pour les acteurs, les promoteurs, les institutions… On sent que ces dernières ont envie de se servir de la musique et faire du tourisme culturel, un axe de développement, c’est-à-dire faciliter les événements à Paris, les accompagner…

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Alexandre Jaillon : A l’époque, on essayait de rester en dessous des radars et de ne pas trop se faire remarquer, car on pensait que ça allait plus nous apporter des problèmes qu’autre chose. Aujourd’hui, on discute très régulièrement avec la mairie de Paris et la préfecture de police pour pouvoir faire des événements avec leur appui et leurs conseils. Il y a un vrai dialogue.

Quelles étaient les craintes de l’époque de la part des institutions ?

Alexandre Jaillon : Trouble à l’ordre public, nuisances sonores, bastons, abus d’alcools et autre substances… Ils ne voyaient pas l’intérêt et la nécessité d’une telle manifestation. Mais aujourd’hui il y a une volonté de coordonner les acteurs. Ça dédiabolise aussi l’électro et ce qui tourne autour.

Et justement, comment gérez-vous les aspects drogues, alcool etc. ?

Alexandre Jaillon : Aujourd’hui, ça circule dans tous les festivals et événements musicaux. Beaucoup de substances sont associées à la musique et il y a une évolution de la perception de l’usage des « substances récréatives ». On ne les cautionne pas et on fait tout ce qu’on peut pour se battre contre ça. Toutes les drogues sont interdites et on ne recommande à personne d’en prendre. Après, chacun est libre de faire ce qu’il veut dans la sphère privée. Nous, on partage un moment avec eux et on invite chacun à avoir un comportement responsable et respectueux. Et nous avons un stand de prévention lié à tous les comportements à risques et des fouilles à l’entrée, si on attrape quelqu’un avec des substances interdites, c’est confisqué et jeté.

Pourra-t-on trouver un esprit « Summer of Love » ce week-end au Peacock ?

Alexandre Jaillon : Carrément. Dès le vendredi, c’est électrique, il y a une énergie, un esprit fédérateur. Le samedi c’est plus smooth. Mais globalement, on veut un esprit de communion et que les gens passent un moment tous ensemble, au début avec leurs potes, puis avec d’autres personnes, les artistes etc. On veut transmettre un supplément d’âme.

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