eSport: «League of Legends» veut écrire sa légende en France

JEU VIDEO Avec l'ouverture d'un bureau Riot Games à Paris et la finale des LCS Europe à Paris-Bercy, «League of Legends» veut faire de la France un terrain de jeu privilégié...

V. J.

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Steven Liv alias Hans Sama, joueur français pro de «League of Legends»
Steven Liv alias Hans Sama, joueur français pro de «League of Legends» — Riot Games

C'est le jeu le plus joué au monde avec 100 millions de joueurs actifs. Le plus regardé aussi avec 43 millions de spectateurs lors des finales du Championnat du monde 2016. Call of Duty FIFA Street Fighter ? Non, League of Legends (LoL), soit, paradoxalement, le moins connu du grand public. Du moins pour l’instant, car son éditeur Riot Games vient d’ouvrir un bureau local à Paris pour les centaines de milliers de joueurs français. « On est plus proche du million », ajoute son directeur Guillaume Rambourg.

Créé en 2009, LoL est un MOBA, dans l’esprit de DotA, le fameux « mod » de Warcraft III. Vous n’avez rien compris ? Demandons à un pro. « Houla, on va dire que c’est un jeu où deux équipes de cinq s’affrontent pour casser des tourelles et détruire le Nexus de l’autre », essaie de clarifier Steven Liv alias Hans Sama, l’un des six Français à évoluer dans la ligue e-sport européenne avec sa team Misfits. Il a tout juste 17 ans.

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Un jeu « easy to play, hard to master »

Guillaume Rambourg abonde : « League of Legends a toujours ciblé les hardcore gamers, même s’il reste accessible à tous par son gameplay. C’est très instinctif, mais aussi très stratégique. Un jeu "easy to play, hard to master" pour résumer. C’est pourquoi, à Riot, nous voulons accompagner les joueurs, les aider à comprendre ses rouages, voire à devenir pro. » Il admet qu’historiquement, « Riot n’a pas fait assez le job » auprès des joueurs français, le jeu s’étant taillé une réputation par lui-même, par le bouche-à-oreille. « A l’inverse du foot, qui s’est développé des villages vers les villes, LoL s’est créé à l’échelle mondiale, puis continentale, et il faut maintenant des tournois locaux, un vrai écosystème français, pour les professionnels comme les amateurs. »

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La finale de la Ligue des champions à Paris-Bercy

La scène e-sport de League of Legends est déjà très active, avec toute une série de compétitions : un Challenge France entre les six meilleures équipes du pays, un évènement All-Star comme en NBA ( l’édition 2014 s’est tenue au Zénith de Paris), l’équivalent d’une division 2 avec les Challenges Series, et surtout les League of Legends Championships Series (LCS), des ligues de champions européenne, américaine ou coréenne, et porte d’entrée aux Championnats du Monde. D’ailleurs, la finale estivale des LCS Europe aura lieu les 2-3 septembre à Paris-Bercy.

Peut-être l’occasion pour Hans Sama de revenir en France. En effet, l’adolescent, qu’un grand frère a forcé à jouer dès 11 ans, vit avec ses coéquipiers dans une gaming house à Berlin, ville où résident d’ailleurs tous les joueurs et teams des LCS Europe. Sous contrat, il doit s’entraîner tous les jours de 13h à 22h et, en saison régulière, dispute chaque semaine un match en public. A l’instar d’un footballeur star du PSG ou de Manchester.

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« Il ne faut pas oublier les autres joueurs, les casual gamers »

Mais l’e-sport n’est pas le seul volet pro de LoL, il ne faut pas négliger le streaming, tout aussi médiatique. A titre d’exemple, la Stream Team, un collectif de streamers LoL français, réunit en moyenne 15.000 spectateurs simultanés en ligne, et mardi, ils ont organisé un live caritatif au profit de l’association Make a Wish. Bilan : plus de 30.0000€ récoltés.

« Avec ce bureau français, qui compte actuellement neuf personnes, notre objectif est de démocratiser un jeu exigeant dans son ADN, explique Guillaume Rambourg. L’e-sport, c’est l’élite, mais il ne faut pas oublier les autres joueurs, les casual gamers. En offrant du contenu éditorial 100 % français, en soutenant les communautés de cosplayers et de streamers et en organisant des tournois amateurs, semi-pros, pros… Qu’un joueur seul dans sa chambre à Clermont-Ferrand finisse avec sa team sur la scène de Paris-Bercy. Des annonces sont à venir, surtout en 2018. » En attendant, les joueurs français de LoL pourront se retrouver et s’affronter à l’ESWC Summer Cup les 1er et 2 juillet à Bordeaux.

« League of Legends existe depuis neuf ans, conclut Guillaume Rambourg, l’idée est de le pérenniser pour des décennies. » Parfait pour Hans Sama : il se voit non seulement devenir une légende de LoL, mais aussi continuer à y jouer, le plus longtemps possible.