«Harry Potter»: 20 ans de magie, 20 ans de souvenirs

VOUS TEMOIGNEZ Les lecteurs de «20 Minutes» racontent leurs lectures de «Harry Potter»...

V. J.

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Après des années d'attente fébrile, les millions de fans de Harry Potter ont enfin pu commencer samedi à dévorer la version anglaise du 7e tome de la saga, qui met un point final à cette série culte et scelle le sort de son apprenti-sorcier.
Après des années d'attente fébrile, les millions de fans de Harry Potter ont enfin pu commencer samedi à dévorer la version anglaise du 7e tome de la saga, qui met un point final à cette série culte et scelle le sort de son apprenti-sorcier. — Mike Clarke AFP

Il y a des formules magiques comme ça, ou plutôt des titres magiques. Il suffit d’évoquer Harry Potter et abracadabra - ou spero patronum - les souvenirs jaillissent, souvenirs de première fois, de nuits blanches, de relectures annuelles, d’adolescence, d’amitiés et finalement de passage à l’âge d’adulte ?  A l’occasion des 20 ans du premier livre, publié outre-Atlantique le 27 juin 1997, 20 Minutes vous a demandé de raconter votre Harry Potter, et il s’avère d’abord que la découverte de l’œuvre de J. K. Rowling s’est autant faite sur papier qu’à l’écran.

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La découverte

« On m’a acheté le livre Harry Potter à l’école des sorciers quand je venais d’apprendre à lire, se souvient Anthony. Il est resté quatre ans dans ma bibliothèque, avant que je ne l’ouvre par hasard. Quelques semaines plus tard, les quatre premiers ouvrages étaient dévorés et un gosse était devenu fan du petit sorcier. » Âgé aujourd’hui de 19 ans, Grégoire a eu les Harry Potter dans les mains dès 7-8 ans, et a découvert « un univers merveilleux, fantastique, mais surtout proche du réel. Chacun de nous peut s’identifier aux héros ».

Elodie a fait le pont entre le cinéma et la littérature au troisième épisode : « J’ai commencé par les films, les premiers étaient géniaux et j’étais jeune. Ma sœur m’a dit que Le prisonnier d’Azkaban était plus drôle en livre qu’en film, donc je l’ai lu ainsi que les premiers tomes, le tout une bonne trentaine de fois ». A l’époque, Nicolas n’est pas très emballé par « ce nouveau blockbuster au matraquage médiatique » et ne découvre L’école des sorciers qu’en DVD chez un mai. La claque : « Quel fût mon regret de ne point l’avoir vu au cinéma ! Je fus enchanté par l’histoire, précommandant chaque nouveau livre, allant voir chaque film en avant-première ». Enchanté, ou ensorcelé ?

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La raison

Pour Martin Richardson, professeur en sciences de l’éducation de l’université de Durham en Angleterre et en charge du cours « Harry Potter et l’époque de l’illusion », l’effet Potter est immédiat car « l’histoire est fondamentalement bonne, la saga incroyablement riche, il s’agit d’une superbe aventure, les personnages, un peu unidimensionnels dans le premier tome, sont de plus en plus nuancés. Les enfants ouvrent les portes du plaisir ».

Interrogée par l’AFP, Marie Lallouet, rédactrice en chef de La revue des livres pour enfants de la BNF, ajoute que les problématiques du petit sorcier « sont fondamentales et universelles, et touchent à la filiation, à son histoire, son destin » : « Il est dans des questionnements très intimes, et en même temps, l’auteure propose un scénario dense, ambitieux, avec des décors, des effets spéciaux pour prendre des métaphores cinématographiques. L’association des deux a fait quelque chose de très puissant ».

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La passion

Anaëlle confirme que Harry Potter l’a aidé à vivre des moments difficiles et douloureux de sa vie. « On s’identifie tout de suite aux personnages, parfois un plus qu’un autre, parfois un peu de tous en même temps, explique-t-elle. Et surtout on grandit avec eux. On y apprend l’amitié, les valeurs, et on traverse l’adolescence avec Harry, Ron et Hermione. Tout est fait pour encourager l’enfant à être le meilleur de lui-même. » La jeune fille allait ainsi acheter les livres la veille de leur sortie à minuit, passait la nuit à les lire et a le cœur brisé par la mort de personnages. « Harry est entré dans ma vie à 11 ans et ne la quittera jamais. »

La passion de Cloé l’a amené à manger, dormir, vivre Harry Potter : « Je me souviens de ma chambre remplie de posters, de mon cartable, de mon agenda, et même de mon écharpe Harry Potter. Ce fût un véritable engouement qui ne m’a toujours pas quitté aujourd’hui. Je n’ai pas de mots assez fort pour exprimer à quel point je suis devenue fanatique de cette saga si puissante ». A 22 ans, Alexandra a déjà un tatouage hommage, et compte bien s’en faire d’autres. Et comme les autres, fans, elle relit les livres et revois les films tous les ans. « J’ai grandi avec cette saga et elle va rester en moi pour toujours. »

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La transmission

Maman comblée de trois enfants, Lisiane a montré les adaptations cinéma à son ainé de 6 ans : « Il a adoré sauf les 2 derniers, un peu trop sombre et sérieux pour son âge ». Fabienne, 30 ans, a pris goût à la lecture et rêvé avec Harry Potter, et aujourd’hui elle transmet le virus à son fils de 9 ans : « Il les a tous autant aimés que moi, merci J. K. Rowling ». Maximilia n’hésite pas à faire connaître la saga auprès des plus jeunes qui ne la connaisse pas : « Je pourrais discuter de Harry et ses amis pendant des heures ». Des heures, et même des années. Pour le professeur Martin Richardson, « dans 20, 30, 40, 60 ans, on lira encore Harry Potter. C’est un peu comme Noël, ça ne se démodera pas ».