VIDEOS. René-Charles Dion, Chet Hanks... Que se passe-t-il entre les fils de et le rap?

FLOW Céline Dion a invité son fils René-Charles sur scène pour raper sur du Michael Jackson...

V. J.

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Docteur Denfer et son mini-moi, stars de rap, dans «Austin Powers : Goldmember»
Docteur Denfer et son mini-moi, stars de rap, dans «Austin Powers : Goldmember» — RONALDGRANT/MARY EVANS/SIPA

Les chiens ne font pas des chats. Lily-Rose Depp, Sofia Coppola, Scott Eastwood, Jaden Smith… Ils ou elles font tout comme papa ou maman. Baignés dans le show-business depuis toujours, il n’est pas rare que les enfants de stars tentent leur « chance », soit dans le même milieu artistique que leurs parents, soit… rien à voir ou presque. La preuve jeudi dernier lors du concert deCéline Dion à Copenhague, où la chanteuse a invité son fils de 16 ans, René-Charles, à monter sur scène et raper quelques secondes sur une reprise de Black or White de Michael Jackson. Oui, le fils de Céline Dion est un rappeur. Comme le sont aussi les fils de Nicolas Sarkozy, Tom Hanks ou Valérie Damidot...

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Mathias Cassel, le premier

Dans la famille Cassel, je voudrais le fils. Non, pas l’acteur Vincent mais le rappeur Mathias. Elevé aux Etats-Unis, il a baigné dans la culture hip-hop, écrit ses premiers textes à 11 ans et même eu une carrière de tagueur sous le pseudo de Squat. C’est en 1985 que Mathias Cassel, alias Rockin' Squat, fonde avec son acolyte Solo le groupe Assassin.

Pas n’importe quel groupe, puisqu’il fait partie de la « Sainte Trinité du rap français avec NTM et IAM », précise Mehdi Riperton, programmateur Deezer et auteur de Rap français : une exploration en 100 albums. « La question ne s’est jamais posée de savoir s’il était le fils d’une star, d’un acteur [Jean-Pierre Cassel], car il était avant tout l’un des premiers rappeurs français, un pionnier. Mais il montrait rarement son visage, peut-être pour éviter d’éventuelles critiques. »

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Connaissez-vous Mosey, Chet Haze, Apache ?

Trente ans plus tard, Pierre Sarkozy, Chester Hanks  et Norman Damidot  se cachent également derrière des pseudos. Avec Marvin Gaye, Dr. Dre ou Snoop Dogg comme idoles, Pierre a décidé de faire de la musique contre l’avis de son père, avec tout d’abord le groupe Da Cream Chan­tilly puis sous le surnom Mosey. On lui doit par exemple une collaboration avec Doc Gyneco en 2009, et il continue à jouer et mixer aujourd’hui. A 21 ans, Norman, enfin Apache, n’a qu’un titre à son actif, Dernier domicile connu, aux paroles explicites : « Je conchie tous les cons qui ne pensent qu’à faire des crasses. C’est pas en vivant comme une merde que tu vas laisser ta trace… » Ah non, en fait, il a sorti un deuxième clip fin 2016, Vis de bout, qui peine à dépasser les 1.000 vues.

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Rebellion ou caprice ?

Chet Hanks compte de son côté plus de 700.000 vues pour son « tube » Dot It Better, mais plus de pouces baissés que levés. « J’aime le fait qu’il n’utilise pas le nom de son père, c’est déjà ça », peut-on même lire sous les commentaires du clip, caricature du genre. Faut-il y voir une forme de rébellion, ou encore un caprice de fils de stars ? Pour Mehdi Riperton, tout le monde fait du rap aujourd’hui, « qu’il vienne du ghetto, de la haute, de n’importe quelle classe sociale ». « Le rap n’est plus en recherche de crédibilité, d’authenticité, donc "les fils et filles de" peuvent tout aussi bien en faire. C’est moins un acte de rébellion que juste cool, comme c’était cool avant de monter un groupe de rock ou de faire du foot. »

Si Chet Haze se fait troller, c’est moins parce qu’il est le fils de Tom Hanks que parce que c’est… mauvais. « Rappelez-vous Tony Parker, il a sorti un album de rap il y a dix ans, ajoute Mehdi. Moins un caprice de star qu’un rêve de gosse. Ce n’était pas bon, mais voilà, il l’a fait. » En fait, tout le monde peut le faire. Même Clémentine Célarié l’a fait, avec ses fils et le groupe Family Groove. De rien, c’est cadeau.