«J'en avais marre de toujours entendre la même musique»

INTERVIEW Guillaume Rostain, co fondateur de NoMajorMusik, site internet qui propose aux internautes de produire des singles...

Recueilli par David Carzon

— 

Guillaume Rostain, co fondateur de NoMajorMusik, site internet qui propose aux internautes de produire des singles. Chez eux, il faut 3.000 euros pour sortir son single. La société qui base son modèle économique sur la publicité, ne ponctionnera que 20% des ventes, le reste allant à l’internaute et à l’artiste.

Comment est né l’idée de NoMajorMusik?
J’en avais marre d’entendre toujours la même musique alors qu’on peut trouver des artistes de talent sur MySpace par exemple. Ce que proposent les maisons de disques aujourd’hui ne correspond plus à ce que le public attend. Le concept de NoMajorMusik existe déjà ailleurs. Internet permet de jouer sur le côté viral pour se faire connaître. Nous, on passe ça dans le réel. Ce qu’on signe, ce n’est pas l’artiste, mais un single. Nous avons une exclusivité sur la production de ce titre, maiss l’artiste peut le mettre sur MySpace ou tout autre outil de promotion. Et ses autres titres, il peut même les mettre chez nos concurrents.

Comment s’est déroulé votre lancement?
Nous nous sommes lancés le 24 décembre, et nous avons été surpris du succès rencontré. A croire que les artistes attendaient devant notre porte. Aujourd’hui, nous avons 350 artistes et plus de 500 chansons sur lesquelles les gens peuvent investir par palier de 15 euros. Il y a une sorte de jauge à remplir et quand elle atteint 3.000 euros, ou 18.000 soux, selon notre propre «monnaie», le titre peut être produit. Quelques groupes se détachent déjà comme The Vernon Project et Siptah. Côté visiteurs, en un mois, nous avons eu plus de 10.000 pages vues.

Quelles sont les motivations des internautes?
Les gens ne sont pas forcément intéressés par l’argent ou par un retour sur investissement. Ils sont attirés par le fait de découvrir de nouveaux talents et de les aider à percer. Après si ça marche et s’ils ont un retour, ils seront encore plus contents. C’est une vraie communauté qui est en train de se créer. Notre objectif est de produire une dizaine de titres la première année.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres projets similaires?
Nous ne fonctionnons pas tout à fait eux. Nous ne voulons pas ressembler à une major, nous ne voulons pas utiliser les artistes comme des produits. Nous ne faisons pas de sélection à l’entrée, nous payons plus et nous avons réduit au minimum les obligations des artistes vis-à-vis de nous. Moi, je ne viens pas d’une major, je viens du divertissement, je sais ce qu’attendent les gens. Et nous ne cherchons pas à faire de l’argent avec les artistes, nous ne prenons que 20% du produit des ventes, uniquement pour couvrir nos frais de fonctionnement. Notre modèle économique est différent, il est basé sur les revenus tirés de l’audience et de la publicité, nous devons générer un bassin d’audience pour attirer les annonceurs. L’aspect équitable est réel pour l’artiste et celui qui investit. Il est normal de rendre l’argent à ceux qui prennent des risques.

Que se passe-t-il une fois que l’artiste a récolté ses 3.000 euros?

Lorsque l’artiste a réussi à collecter les 3.000 euros nécessaires, nous le rencontrons avec les ingénieurs du son du studio Ramsès avec lequel nous travaillons. Nous allons essayer d’attribuer à l’artiste l’ingénieur du son qui correspond le mieux à son univers musical pour enregistrer son titre. Ensuite, nous allons l’aider à faire sa promo pour vendre son titre qui sera disponible sur toutes les plateformes de téléchargement comme Itunes, fnac ou Virgin. Nous allons aussi l’aider à faire son propre clip et à le placer dans des salles de concert. Nous avons aussi des partenariats avec Oui FM par exemple pour faire découvrir les morceaux sur dans les médias.

Vous comptez bousculer l’ordre établi?
Les internautes sont les producteurs, alors ils vont essayer de donner envie aux autres de payer pour avoir un titre. Si on arrive à faire comprendre que la musique, ça se paye, cela pourrait avoir un effet bénéfique.