Notre but est d'aider un artiste à réaliser son premier album»

INTERVIEW Nicolas Claramont est fondateur de Spidart, un site qui permet aux internautes de participer...

Recueilli par David Carzon

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Interview Nicolas Claramont, fondateur de Spidart, site internet qui permet aux internautes de participer directement à la production d’un album. Les artistes doivent recueillir 50.000 euros pour lancer le processus. Ensuite, le produit des ventes est réparti au prorata des investissements: à 35% pour les fans-producteurs, 35% pour les artistes et 30% pour Spidart.

En quoi votre projet diffère-t-il des autres qui se sont lancés un peu après vous?

Nous, nous produisons des albums et nous avons travaillé l’aspect promotion qui nous semble essentiel et pour lequel nous avons développé des outils adaptés. De même, nous privilégions les concerts. Le 7 mars, il y aura un concert au Trabendo à Lyon avec les artistes Spidart. Nous organiserons d’autres rendez-vous de ce genre à Paris ou à Marseille.

Quels artistes sélectionnez-vous?
Nous faisons un travail important au niveau du casting. Nous prenons des artistes qui ont une chance de percer dans des styles très éclectiques. Aujourd’hui, nous avons plus de 200 artistes inscrits auxquels nous croyons et nous avons 600 demandes en attente. C’est le travail de Ben, notre directeur artistique, qui regarde le parcours et le niveau du groupe qui nous contacte. Nous faisons attention de ne pas tromper les internautes sur ce que nous leur proposons. S’ils doivent investir, nous voulons que ce soit sur quelque chose de solide. Les artistes sélectionnés viennent d’horizons différents. Certains ont déjà fait beaucoup de scène, d’autres non. Il faut apporter une réponse particulière selon les besoins de chacun.

Qu’est-ce que les artistes peuvent attendre de vous?
Nous ne sommes pas que des découvreurs de nouveaux talents. Notre but est d’aider un artiste à réaliser son premier album, nous faisons tout pour l’aider à passer le cap de la professionnalisation, que ce soit par notre réseau ou notre soutien technique.

Quelles sont les obligations des artistes envers vous?
Nous leur demandons de ne pas être présents sur des plateformes concurrentes le temps du contrat. C’est pour nous la garantie d’une certaine éthique vis-à-vis des internautes qui n’ont pas envie d’être pris juste pour des machines à cash. Quel intérêt de prendre quelques milliers d’euros à droite et quelques autres à gauche? Autant tout réunir sur un même site.

Quel est le profil des internautes qui investissent?
Ce sont avant tout des grands fans de musique. Mais à force, il y aura aussi des gens qui seront tentés par une expérience purement financière.

Vous avez passé un deal avec EMI. Vous ne pouvez pas vous passer d’une major?
Ce sont eux qui sont venus nous voir dix jours après notre lancement. Il était intéressant de se rapprocher car ils peuvent prendre en charge la partie publication et l’aspect promotion qui est très important. Aujourd’hui, EMI a un droit de préférence sur les artistes qui atteindront les 50 000 euros nécessaires à la production de leur album. Les artistes étant libres de refuser évidemment. Nous allons également développer un partenariat avec Music Media Consulting qui va travailler sur la notoriété des artistes.

Quels sont vos objectif?
Nous devrions produire notre premier album à la fin du premier trimestre. Un groupe comme Naosoul a déjà récolté près de 12.000 euros. Et nous comptons financer six albums d’ici la fin de l’année.