Quand l'internaute devient producteur

MUSIQUE En direct des conférences du Midem (Marché international de la musique) qui s'est ouvert ce week-end à Cannes...

Envoyé spécial à Cannes, David Carzon

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Depuis un moment, la musique avait mis de côté sa principale source de revenus: le consommateur. Au coeur des conférences du Midem (Marché international de la musique) qui s’est ouvert ce week-end à Cannes, celui-ci fait d’autant plus un retour en force avec l’émergence du numérique qu’on lui donne désormais les clés pour s’investir.

Pour investir même puisque plusieurs sites français - MyMajorCompany, NoMajorMusik et Spidart - viennent de voir le jour en proposant à l’internaute de devenir producteur d’un artiste auquel on croit. Chacun récoltant entre 20 et 30% des ventes au prorata de leur investissement en cas de succès.

«Un deal avec Emi»

Ces trois sites veulent permettre l’éclosion et l’accompagnement de talents. Présent à Cannes, Nicolas et Ben de Spidart sont les premiers à s’être lancés il y a trois mois. Chez eux, les artistes doivent récolter 50.000 euros pour enregistrer leur premier album. Le succès est là puisque le premier groupe devrait atteindre le seuil fatidique à la fin du trimestre.

Spidart et MyMajorCompany travaillent avec des labels et des majors. «Nous avons un signé avec deal avec Emi, qui a un droit de préférence sur nos artistes, explique Nicolas. Nous avons besoin de professionnels pour produire, éditer et accompagner les chanteurs et les groupes.»

Rémunération grâce à la pub

Un peu plus radical dans son approche, NoMajorMusik, qui ne fait aucune sélection à l’entrée et se rémunère sur la publicité de son site, travaille directement avec les ingénieurs du son d’un studio, sans passer par les majors. Eux ne cherchent à produire pour le moment que des singles avec un palier de 3.000 euros à franchir pour pouvoir être produit.

L’industrie du disque regarde ces expériences avec intérêt, de peur de voir un bon wagon leur passer encore sous le nez. «Si j’étais jeune et je voulais devenir producteur aujourd’hui, c’est peut-être un truc comme ça que je ferais», confie le patron d’une major.