Un panthéon griffé Cat Power

B. Chapon - ©2008 20 minutes

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Infidèle à elle-même, la song­ writer Chan Marshall s'autorise un nouveau disque de reprises, sept ans après The Covers Record. Mais comme la demoiselle est du genre à faire des miracles avec sa voix cassée et sa guitare folk mélancolique, Jukebox est bien plus que cela. Peut-être même son meilleur album, au moins le plus intime. Psychologiquement fragile, Cat Power (son nom de scène) sortait d'un séjour à l'hôpital quand elle a débuté son enregistrement entre Dallas et Miami. Mais la belle a choisi de ne pas enregistrer ses propres compositions.

Prolifique (elle écrit une chanson par jour) et érudite sur l'histoire de la musique américaine, Chan Marshall va piocher, dans son répertoire idéal, dix chansons de maîtres. Un panthéon impressionnant : Billie Holiday, Janis Joplin, Joni Mitchell ou encore James Brown, Frank Sinatra et... Cat Power. Chan Marshall reprend ses textes et livre une nouvelle version bouleversante de son Metal Heart. Un piano, une voix bluesy, que soutiennent quelques accords de guitares. Avec trois fois rien, Cat Power révolutionne le genre de la reprise en faisant de ses troubles de l'identité une force créatrice. Elle met tant d'elle-même dans ces chansons qu'elles deviennent « ses » chansons. Le plus parfait exemple est la reprise de Bob Dylan, I Believe In You. Un « Je crois en toi » que Cat Power semble s'adresser à elle-même. Dans le seul morceau original de l'album, Song to Bobby, elle raconte l'histoire vraie de leur rencontre : Giving You My Heart Was My Plan. Son projet était de lui donner son coeur...