VIDEO. Attentat à Manchester: La capitale anglaise du rock touchée au coeur

PORTRAIT Après l’attentat à la Manchester Arena, retour sur une capitale culturelle anglaise…

L.B.

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Des policiers surveillent les abords de la Manchester Arena, au lendemain de l'attentat terroriste qui a fait au moins 22 morts.
Des policiers surveillent les abords de la Manchester Arena, au lendemain de l'attentat terroriste qui a fait au moins 22 morts. — Rui Vieira/AP/SIPA
  • L’attentat est le plus meurtrier visant le Royaume-Uni depuis douze ans.
  • Un attentat-suicide a fait au moins 22 morts, dont des enfants, et 59 blessés lundi soir.
  • L’attentat a été perpétré par un homme qui est mort en faisant détoner « un engin explosif improvisé ».

L’explosion mortelle de lundi soir a un goût de déjà-vu pour Manchester. En 1996, à l’heure de l’Euro de football organisé en Angleterre, la ville est la cible d’un attentat orchestré par l’IRA [l’armée républicaine irlandaise qui lutte contre la présence britannique en Irlande]. Une camionnette remplie d’engrais explose devant le centre commercial d’Arndale. La déflagration dévaste « la ville avec la force d’un tremblement de terre », rappelle Courrier international dans un article paru en 2016. Plus de vingt ans après, elle est à nouveau ciblée par une attaque.

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La ville d’Oasis

Dans la nuit de lundi à ce mardi, un attentat suicide a fait au moins 22 morts, dont des enfants, et 59 blessés à l’issue du concert de la star Ariana Grande à la Manchester Arena. Retour sur une ville qui a mis vingt ans à se reconstruire et qui a vu naître, notamment, Oasis, Joy Division et The Smiths.

Si Londres est la capitale de l’Angleterre, Manchester s’impose en capitale culturelle, en comptant parmi les villes fondamentales de l’histoire du rock et de la pop mondiale. Au même titre que Los Angeles, Londres ou New York. Dès les années 1970, au moment de la formation de sa scène musicale, la musique (et le football) offre une porte de sortie à la classe ouvrière mancunienne. « Une génération entière de gens marginalisés trouve alors une échappatoire », note Jean Daniel Beauvallet, l’un des rédacteurs en chef du magazine Les Inrockuptibles, basé en Angleterre.

La petite voisine de Liverpool – où les Beatles ont fait leurs armes – a vu grandir les groupes phares des années 1970-1980, et des univers artistiques variés. Les frères Gallagher [Oasis] ont toujours été fiers de se revendiquer de cette ville, le groupe de post-punk Joy Division a grandi à Manchester et perdu son chanteur Ian Curtis à la voix mortifère, tout près, à Maclesfeld, avant de former New Order. Manchester se présente comme une île à l’intérieur de l’Angleterre qui a vu arriver le premier disque de house, créant ainsi une passerelle entre New York et Chicago.

La Manchester Arena ciblée

« La vraie cassure – Londres et Liverpool ont la main jusque dans les années 1970 – c’est avec le punk », souligne Jean Daniel Beauvallet. « Le premier concert des Sex Pistols où tout le monde devient musicien était légendaire, et ça a fait naître The Smiths, Simply Red, et bien d’autres. » A Manchester, on a la certitude qu’on peut réussir. « Il règne une certaine arrogance positive, on a le sentiment d’habiter dans une ville différente et de mieux comprendre. On ne fait pas de la musique comme un hobby, qu’on soit Take that ou Joy Division », souligne le spécialiste musical.

Ce mardi, l’attaque a eu lieu près de la Manchester Arena, la salle emblématique de la ville avec une capacité d’accueil de 21 000 personnes. Située dans le nord de la ville, elle est en effet la plus grande salle de spectacle du pays.