Eurovision: Et si France 2 lançait un télécrochet pour désigner le prochain candidat français?

TELEVISION Nicolas Copperman, président d’Endemol Shine France, a confié sur Europe 1 que la chaîne publique « réfléchit à un projet autour de l’Eurovision »…

Fabien Randanne

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Alma, candidate de la France à l'Eurovision, sur la scène du concours à Kiev (Ukraine), le 10 mai 2017.
Alma, candidate de la France à l'Eurovision, sur la scène du concours à Kiev (Ukraine), le 10 mai 2017. — Sergei SUPINSKY / AFP

Les Français auront-ils leur mot à dire pour la sélection du prochain représentant tricolore à l’Eurovision ? «  France 2 réfléchit à un projet autour [du concours] », a glissé lundi sur Europe 1 Nicolas Copperman, le président d’Endemol Shine France, qui produit The Voice. Il a précisé que sa société de production était l’un des interlocuteurs de la chaîne publique. L’animateur du Grand direct des médias, Thomas Joubert, a cherché à savoir s’il pourrait s’agir d’un télécrochet, mais Nicolas Copperman a refusé d’en dire plus, arguant qu’il n’y avait encore rien de concret.

Alma, comme Amir l’an passé, ont été sélectionnés en interne par France Télévisions et le chef de la délégation française à l’Eurovision Edoardo Grassi. De nombreux fans du concours aimeraient qu’une sélection nationale soit mise en place sur le modèle du Melodifestivalen en Suède.

Le modèle suédois

Le Melodifestivalen se déroule en février et mars et est composé de quatre demi-finales auxquelles participent chaque semaine sept candidats différents. A chaque fois, les deux artistes les plus plébiscités vont en finale, ceux qui se classent troisième et quatrième vont en repêchage et les autres sont éliminés. Les huit artistes en repêchage rechantent leur chanson lors d’une émission diffusée une semaine avant la finale, à laquelle ne participeront que deux d’entre eux. En finale, ce sont donc dix candidats qui s’affrontent (les huit qualifiés lors des demi-finales et les deux repêchés).

Lors de la finale, des jurys étrangers (un peu sur le modèle de ceux de l’Eurovision) et les téléspectateurs élisent leur gagnant qui ira représenter la Suède au concours avec sa chanson. Le Melodifestivalen assure à la chaîne SVT de très confortables audiences et est une vitrine pour les artistes qui, même s’ils sont éliminés dès la première émission, ont de grandes chances de se classer parmi les meilleures ventes. Bref, c’est une institution.

La France « existe à nouveau à l’Eurovision »

La France est-elle mûre pour son Melodifestivalen ? « Lorsque les Français auront retrouvé le goût de l’Eurovision », avait-on pris l’habitude de s’entendre répondre quand on évoquait le sujet auprès de France Télévisions. Or, il semblerait qu’avec les participations d’Amir et d’Alma, une nouvelle dynamique est en place. On a pu le constater à Kiev lors de la dernière édition, de nombreux confrères européens nous disaient leur satisfaction de voir que la France « existe à nouveau à l’Eurovision » grâce à des chansons qui séduisent les oreilles européennes (les deux dernières chansons de la France se sont classées dans le Top 10 des téléspectateurs étrangers).

Si un télécrochet voyait effectivement le jour sur France 2, encore faudrait-il que les chansons proposées soient des candidates crédibles pour une victoire à l’Eurovision (ou, du moins, un bon classement) et que les artistes en lice, à l’instar de leurs homologues scandinaves, s’investissent et prennent le concours au sérieux.

Les pièges à éviter

La dernière fois qu’une sélection nationale a été tentée dans l’Hexagone, c’était en 2014, dans le cadre de l’émission de France 3 Les chansons d’abord. Le public avait le choix entre trois propositions clairement faiblardes :  les Destan, un boys band anachronique et plein de faussetés, Joanna Lagrave, passée par la Star Ac’, qui tentait sa chance avec une ballade insipide et les Twin Twin avec Moustache. Ces derniers ont été désignés… et ont offert à la France la dernière place à l’Eurovision, son pire résultat en 60 participations.