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INTERVIEWSoutien à Macron, spectacle au Bataclan...Yassine Belattar se confie

«Dernière avant Marine»: Yassine Belattar est prêt à «rire du pire» au Bataclan

INTERVIEW
L’humoriste donne ce jeudi une représentation exceptionnelle de son one-man-show, « Ingérable », au Bataclan, où il sera beaucoup question de la présidentielle. Il a répondu aux questions de « 20 Minutes »…
L'humoriste Yassine Belattar lors d'une représentation au Théêtre de Dix Heures, à Paris, en mai 2016.
L'humoriste Yassine Belattar lors d'une représentation au Théêtre de Dix Heures, à Paris, en mai 2016. - SADAKA EDMOND/SIPA
Fabien Randanne

Propos recueillis par Fabien Randanne

L'essentiel

  • Yassine Belattar donne ce jeudi une représentation exceptionnelle de son one-man-show, « Ingérable » au Bataclan, sous titrée « Dernière avant Marine ».
  • Pour l’occasion, l’humoriste a rallongé son spectacle d’une vingtaine de minutes pour évoquer la présidentielle.
  • Yassine Belattar s’est impliqué dans la campagne d’Emmanuel Macron mais assure que, s’il est élu dimanche, dès lundi, il sera « dans l’opposition ».

«Je vous donne rendez-vous trois jours avant l’élection de Marine et donc quatre jours avant mon départ pour le Maroc. » Yassine Belattar* la joue provoc’pour assurer la promo de la représentation exceptionnelle de son one-man-show, Ingérable, qu’il donnera ce jeudi au Bataclan. Un spectacle qu’il a auparavant emmené dans les villes FN et à Molenbeek. A 20 Minutes, l’humoriste affirme qu’il est « un artiste politique ». Mais contrairement à bien des politiciens, à l’autre bout du fil, il ne verse jamais dans la langue de bois.

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Votre représentation exceptionnelle au Bataclan s’intitule « Dernière avant Marine »… Et si c’était vrai ?

C’est ce qui s’appelle être piégé par l’intitulé de son spectacle, qui risque de devenir réalité. Je suis inquiet. Mais je ferai en sorte de rire.

Vous avez modifié beaucoup de choses en vue de cette date ?

Il y a vingt minutes supplémentaires par rapport au spectacle habituel, ce n’est pas rien. C’est un pari d’écriture sur le fait que cette élection n’a laissé personne indifférent. Les gens se sont révélés sur les réseaux sociaux. Avec Jean-Luc Mélenchon, on a vu que les ennemis ne sont pas là où on les attend. Il a été grande gueule toute sa vie et quand on lui demande de l’ouvrir pour voter contre Marine Le Pen, il dit non.

On vous a vu dans des meetings d’Emmanuel Macron, vous avez participé à un débat d’En marche! aux Mureaux…

Je connais l’homme depuis longtemps. On est raccord sur certains points, moins sur d’autres. Sur le dossier des banlieues, Emmanuel Macron est celui qui me correspond le plus en ce qui concerne non pas la dimension économique mais la valorisation des habitants et le bien vivre ensemble. Je me suis impliqué dans la campagne. Il n’empêche que, s’il est élu dimanche, dès lundi matin, je serai dans l’opposition. C’est mon boulot d’humoriste.

Vous êtes un humoriste engagé ?

J’ai toujours été un artiste politique. On nous a retiré le subversif à nous, les humoristes. Quand on s’engage, on est vu comme des oiseaux rares.

Jouer au Bataclan, c’est aussi politique ?

Je fais le Bataclan parce que j’en ai marre de passer devant et de détourner le regard. Il faut que nous, artistes français, nous réapproprions ce lieu et qu’on ne laisse pas les Américains s’accaparer la scène pour chanter « Peace and love ». Il y a eu assez de larmes. Je suis fier de dire que les places se vendent bien, parce que, pour beaucoup de spectateurs, venir est un acte politique. On doit vaincre nos peurs ensemble.

Vous dites dans le spectacle que vous n’êtes pas « Charlie ». Certains vous l’ont reproché.

Je le dis et j’explique ensuite pourquoi il ne faut pas dire que celui qui n’est pas Charlie est lié aux Kouachi. Quand il y a un attentat, je suis affecté et le fait de l’être englobe tous les deuils. Un mort est un mort, qu’il ait fait partie de la rédaction de Charlie Hebdo ou qu’il se soit trouvé sur la terrasse de La Belle Equipe, je ne fais pas la différence. Et puis je travaillais chez Siné Hebdo et j’avais expliqué à Charb mes désaccords avec la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Ce serait mesquin que je vienne dire ensuite « Je suis Charlie ».

Dans votre spectacle, vous évoquez clairement les attentats…

L’idée, c’est de rire avec les gens, pas de rire des gens. Je ris du pire, pas des victimes, pour ne pas me sentir pris en otage de ça. J’ai décidé de faire le Bataclan pour couper court à la tétanie. On doit décomplexer les spectateurs de la culpabilité imposée par les médias et les politiques. Le deuil le plus fédérateur est celui qui passe par le rire.

*Yassine Belattar intervient aussi, avec Thomas Barbazan, du lundi au vendredi matin sur Radio Nova, de 9 h à 9h30, dans Les 30’Glorieuses.

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