Culture

Un festival de critiques

Inquiétude dans le milieu du cinéma d'art et d'essai. Trois cents professionnels (producteurs, réalisateurs, acteurs, enseignants, responsables de festivals ou de ciné-clubs) se sont réunis vendredi au cinéma le Saint-André-des-Arts, à Paris. Ils pro...

Inquiétude dans le milieu du cinéma d'art et d'essai. Trois cents professionnels (producteurs, réalisateurs, acteurs, enseignants, responsables de festivals ou de ciné-clubs) se sont réunis vendredi au cinéma le Saint-André-des-Arts, à Paris. Ils protestent contre ce qu'ils considèrent comme un désengagement de l'Etat : ce ne seront plus les directions régionales des affaires culturelles (Drac) qui attribueront les subventions des actions culturelles cinématographiques, mais le Centre national de la cinématographie (CNC) qui devra commencer ses consultations au premier trimestre. « La liste est en train d'être constituée », dit-on au ministère. En jeu : 5 millions d'euros, dont chacun craint de voir sa part diminuer ou disparaître. Antoine Leclerc, délégué général de l'association Carrefour des festivals, qui fédère une cinquantaine d'événements, craint « des baisses de crédits de l'ordre de 20 % [qui] mettraient en péril le déroulement d'un grand nombre de manifestations. » L'acteur Robin Renucci a déploré « l'érosion des budgets », tandis qu'Eric Guirado, le réalisateur du Fils de l'épicier, s'est dit « blessé et insulté » contre « les coups portés aux festivals et aux salles indépendantes, caisses de résonance de nos films. » Afin de « rendre visibles » ces craintes et ces protestations, un appel à la grève des cinémas indépendants a été lancé pour le 22 février, soir de la remise des césars.