Le récap’
de la journée

Souvenirs d'Eurovision: Pistolet à eau et piqûre dans la fesse... Le drôle de concours de Nina Morato

SERIE 4/5
Tout au long de la semaine, «20 Minutes» recueille les souvenirs d'anciens participants du concours. Ce jeudi, place à Nina Morato, qui a représenté la France en Irlande en 1994...
Nina Morato a représenté la France à l'Eurovision, en 1994, à Dublin (Irlande).
Nina Morato a représenté la France à l'Eurovision, en 1994, à Dublin (Irlande).
frandanne
frandanne

L’essentiel

  • Nina Morato a représenté la France à l’Eurovision 1994 à Dublin (Irlande) et a terminé à la 7e place.
  • Elle a interprété « Je suis un vrai garçon », une chanson qu’elle a écrite. C’était sa condition pour participer.
  • La chanteuse se souvient avoir bien « rigolé » et confie plusieurs anecdotes à « 20 Minutes ».

Elle a débarqué à une conférence de presse avec un pistolet. Il était factice et ne tirait que de l’eau, mais les mecs de la sécurité ont refusé de laisser Nina Morato entrer dans la salle pour répondre aux médias. « Je les ai éclaboussés pour prouver que ce n’était qu’un jouet, mais ils me l’ont quand même confisqué. J’ai préféré leur arracher des mains et le casser moi-même d’un coup de pied que de leur laisser », s’amuse la chanteuse en se remémorant l’ Eurovision 1994, organisé à Dublin.

a

Elle représentait la France mais aurait aussi pu être la chef de file des indociles. « Je me rappelle qu’on répétait tout le temps et j’avais du mal à respecter mes marques. Les cameramen se calaient difficilement sur mes déplacements, on ne me voyait jamais à l’écran. Si bien que Marie-France Brière [alors directrice des divertissements de France 3] s’est énervée : "Mais qu’est-ce qu’ils font ? ils tournent avec des moufles, c’est pas possible ! Si ça continue, on ne participera pas !" », se marre Nina Morato.

« Pendant que les autres faisaient leurs gammes, on mangeait du saucisson »

Le rire, toujours : « Lors d’une soirée officielle, on a fait un jam, c’était super ! Les autres candidats se regardaient en chien de faïence. Nous, on rigolait bien. »

Le soir de la finale, le 30 avril, Nina Morato ne s’est pas fait plus de bile. « Pendant qu’on entendait les autres faire leurs gammes et leurs vocalises, on mangeait du saucisson et on buvait du rouge. Enfin surtout les autres, comme Mathieu Chédid [- M -], qui était mon guitariste, confie-t-elle à 20 Minutes. Moi, je vivais une relation passionnelle avec mon amoureux et il m’avait fait hurler la veille. Je n’avais plus de voix, on a dû me faire une piqûre dans les fesses… »

En body noir et Richelieu à talons, elle clôt le show en la jouant sexy et androgyne avec Je suis un vrai garçon. « J’étais heureuse parce que c’était une chanson que j’avais écrite, alors que généralement, les candidats du concours sont des interprètes. Venir avec mon propre morceau, c’était ma condition pour participer. »

« On était plus intéressés par nos parties de backgammon que par le résultat »

A l’heure de l’interminable annonce des points, le stress était loin d’être à son paroxysme dans le camp tricolore. « On avait découvert le backgammon et on était plus intéressés par nos parties que par le résultat final », avance la chanteuse.

Et de reprendre : « J’étais déjà très contente d’être là et j’ai fini 7e, j’étais ravie. Pour moi, l’Eurovision faisait partie de toutes les choses exceptionnelles que j’étais en train de vivre. Je sortais d’un succès [son single Maman et son album Je suis la mieux] et je venais de remporter une Victoire de la musique [celle de la révélation féminine]. »

N’allez pas croire qu’avec tous ces éclats de rire, Nina Morato a pris les choses à la légère : « J’ai trouvé ça dingue d’avoir eu une scolarité aussi laborieuse et de représenter la France à l’Eurovision. En colonie et à l’école, les filles me détestaient. C’est quand j’ai commencé à participer à des radiocrochets qu’elles ont commencé à se rapprocher de moi, à me raconter leurs vies. » La musique et le concours comme une revanche ? « Oui, le mot résonne en moi : c’était une revanche. » Fini de rire.

Le dernier opus de Nina Morato, un album éponyme, est sorti en septembre 2016 chez AllaVita Records, avec Fanfaron en premier extrait.

Culture