Les cinémas indépendants menacent de fermer leurs salles

CULTURE Une mesure de protestation contre un risque de baisse des subventions...

Alice Antheaume

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Les cinémas indépendants menacent de fermer leurs salles le 22 février au soir, pendant la cérémonie des César 2008, un jour symbolique pour le cinéma français. Le but: protester contre le «désengagement de l’Etat» en matière d’action culturelle cinématographique.

Cette appel a été lancé à l’issue d’une assemblée générale à Paris réunissant trois cents personnes, producteurs, réalisateurs, acteurs (dont Robin Renucci), enseignants, responsables de festivals, de ciné-clubs et d’associations d’éducation artistique.

«J’ai très envie de me joindre à ce mouvement, par solidarité d’abord, mais aussi pour lutter contre ce climat général hostile à l’idée de service public de la culture, explique Stéphane Goudet, directeur du cinéma Georges Méliès, à Montreuil, joint par 20minutes.fr. Les grands circuits comme UGC ou Utopia font pression en demandant pourquoi continuer à subventionner des salles de cinéma municipales alors que, selon eux, les salles privées offrent le même service sans avoir besoin de subvention.»

«Pourra-t-on continuer à faire des rétrospectives sur Claude Chabrol ou Oliver Stone?»

En jeu: le risque des baisses de crédits de l’ordre de 20% qui mettraient en péril les festivals organisés dans les murs des cinémas. «Pourra-t-on, sans ces subventions, continuer à inviter des invités prestigieux comme Claude Chabrol ou Oliver Stone pour les festivals de cinéma que l’on accueille?, demande Stéphane Goudet. Cet argent sert à payer des copies de films pour offrir aux spectateurs de belle rétrospective et des billets d’avion pour faire venir les cinéastes invités.»

Ces craintes portent sur le sort de 5 millions d’euros de subventions de l’Etat versées chaque année par les Drac (directions régionales des affaires culturelles) aux associations chargées de l’action culturelle cinématographique, de l’éducation à l’image et de l’organisation de festivals.

Au ministère de la Culture, on assure que les Drac continueront à subventionner ces associations grâce à une nouvelle enveloppe budgétaire de 34,8 M EUR débloquée en décembre.