«Le Cri» d’Edvard Munch: Des «nuages nacrés» à l’origine de la célèbre œuvre ?

ETUDE L’hypothèse vient d’être formulée par trois météorologistes norvégiens…

20 Minutes avec agences

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Plébiscité à l'étranger, convoité par les malfrats, Edvard Munch est en mal de reconnaissance dans son propre pays, la Norvège, qui peine à lui donner un musée digne de son oeuvre.
Plébiscité à l'étranger, convoité par les malfrats, Edvard Munch est en mal de reconnaissance dans son propre pays, la Norvège, qui peine à lui donner un musée digne de son oeuvre. — Stian Lysberg Solum afp.com
  • Trois météorologistes norvégiens ont présenté leurs travaux ce lundi à Vienne lors de la Conférence de l’Union européenne des géosciences
  • Selon eux, le ciel en feu vu et peint par Edvard Munch n’a pas été provoqué par les cendres d’un volcan
  • Le ciel « rouge sang » et les « nuages flamboyants » décrits par le peintre seraient liés à l’apparition de « nuages nacrés »

Le célèbre Cri d’Edvard Munch (1863-1944) continue de diviser les spécialistes. En 2004, des astronomes américains avaient formulé l’hypothèse selon laquelle le ciel en feu vu et peint par le peintre norvégien aurait été provoqué par les cendres d’un volcan indonésien, en 1883.

Une théorie aujourd’hui mise à mal par trois météorologistes norvégiens, dont les travaux ont été présentés ce lundi à Vienne lors de la Conférence de l’Union européenne des géosciences.

L’apparition de « nuages nacrés »

Dans leur article, publié dans la revue Weather, ils indiquent que le tableau trouverait en fait son origine dans un tout autre phénomène : l’apparition de « nuages nacrés », qui se forment l’hiver dans la troposphère, à une vingtaine ou trentaine de kilomètres de la surface terrestre.

De façon concrète, de très petits cristaux de glace se forment et réfléchissent la lumière du soleil couchant, a expliqué lors de la conférence Helene Muri, de l’université d’Oslo. Mais le phénomène est rare, car il nécessite des conditions bien spécifiques, en particulier des températures très froides.

« Une expérience unique »

C’est d’ailleurs pour cette raison que l’hypothèse du volcan ne tient pas, dixit les météorologistes. En effet, le spectacle aurait alors dû se reproduire régulièrement depuis la gigantesque éruption.

Or, pour le peintre, qui a publié une première version du Cri en 1892, cette vision est restée « une expérience unique ». L’artiste a notamment raconté qu’il se promenait quand soudain, après le coucher du soleil, le ciel était devenu « rouge sang », rempli de « nuages flamboyants ». Un spectacle qui l’avait laissé « tremblant de peur ».

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D’autres hypothèses

En outre, les particules du volcan auraient produit un brouillard diffus plutôt que les ondulations du ciel peint par Munch, affirment les chercheurs.

S’il s’agit là d’une nouvelle hypothèse : d’autres ont déjà été formulées. « Des psychologues ont suggéré que c’est un tourment intérieur qui a poussé Munch à peindre le Cri. Mais nous sommes des chercheurs en sciences naturelles, et nous cherchons plutôt des réponses dans la nature », souligne ainsi Helene Muri.

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