A l'assaut des moulins, rouge comme rose

Alice Antheaume - ©2008 20 minutes

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« En montant cette pièce très cabaret, je pars en guerre contre le porno d'Internet », s'exclame Jérôme Savary, le metteur en scène de Don Quichotte contre l'Ange bleu, qui débute ce soir au Théâtre de Paris (9e) avec, comme hôtesse sensuelle, Arielle Dombasle. Bardée de plumes, ceinturée dans des bustiers ultra-sexy et juchée sur des talons vertigineux, elle incarne Daisy Bell, la femme ou, plutôt, « la provocation féminine », celle qui rend fou Don Quichotte. « L'érotisme ici, c'est le charme, la voix, la chanson et la griserie du cabaret, raconte-t-elle. Je change onze fois de costume en 1 h 30, passant de la petite femme de Paris à la poule puis au lapin, parfois en trente secondes chrono, aidée par trois personnes à la fois. »

Un rythme et un tour de force qui, dans les coulisses, inquiètent. Car, au fil des répétitions, Jérôme Savary ne cesse de changer le déroulement de sa pièce. « Il supprime une scène, en remet un bout ailleurs, insère du french cancan ici, ajoute un calembour là, explique Arielle Dombasle. Il veut que les gens en aient pour leur argent ! » Ainsi opère la magie d'une création, ajoute-t-elle : « Tout est inédit. Ça contraste avec cette époque où l'on ne fait que copier ce qui se joue à l'étranger. »

Pour les treize comédiens qui, chaque soir pendant soixante représentations, vont chanter et danser en live, c'est une performance d'athlète. « Si je tombe malade, c'est foutu, le théâtre ferme, s'inquiète Arielle Dombasle. Alors pour mettre toutes les chances de mon côté, j'ai décidé d'arrêter de fumer. »

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L'interview intégrale d'Arielle Dombasle