Goncourt, l’académie du neuf?

LITTERATURE Les membres de l’académie n’auront bientôt plus le droit de voter au-delà d’un «certain âge»…

AA avec agence

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Edmonde Charles Roux lors de l'annonce du prix Goncourt au restaurant Drouant, Paris, le 5/11/2007
Edmonde Charles Roux lors de l'annonce du prix Goncourt au restaurant Drouant, Paris, le 5/11/2007 — SIPA

Coup de jeune pour l’académie Goncourt? Lors d’un déjeuner cette semaine, la présidente Edmonde-Charles Roux a annoncé une réforme du système de vote de ce prix littéraire. Désormais, «seul le vote des membres présents sera pris en considération». Autrement dit, plus droit pour les jurés de faire connaître leur voix par téléphone, il faut qu’ils soient présents physiquement aux tours de table.

Par ailleurs, le vote ne pourra désormais se faire que sur les ouvrages figurant dans la dernière liste.

Pourquoi ce changement?

Cette rénovation tâche de répondre à la polémique autour de l’attribution du prix Goncourt 2007 («Alabama song» de Gilles Leroy). Celui-ci avait recueilli, au quatorzième tour, quatre voix seulement, alors que le jury compte dix membres, faisant peser des soupçons de manœuvres entre jurés et éditeurs.

Autre modification du règlement intérieur: «prévoir un passage automatique à l’honorariat à partir d’un certain âge». Ainsi, au-delà de 80 ans (mais cette limite reste à déterminer), les membres de l’académie ne pourraient plus voter. Or l’académie ne brille pas par sa jeunesse: en effet, seuls quatre jurés sur dix sont actuellement âgés de moins de 80 ans et ont tous dépassé la soixantaine (Françoise Chandernagor, 61 ans; Françoise Mallet-Joris, 77 ans; Didier Decoin, 61 ans, et Bernard Pivot, 72 ans).

Quant à François Nourissier, romancier qui siégeait au Goncourt depuis 1977, il vient, à 80 ans, de démissionner pour raisons de santé. «Les discussions au sein de l’académie demandent une force que je n’ai plus», a-t-il dit au «Figaro».

Cette réforme sera ensuite soumise au Conseil d’Etat comme l’imposent les statuts de l’académie.