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DOCUMENTAIRE«Humains 3.0»: Le post-humain ressemblera à quoi en vrai?

«Humains 3.0»: Il aura quoi comme tête l'homme du futur?

DOCUMENTAIRE
Le troisième volet de «Humains 3.0» s’intéresse à l’homme immortel et aux post-humains. On fait le portrait-robot de l'homme du futur…
«Humain 3.0» diffusé le 14 avril sur Planète+
«Humain 3.0» diffusé le 14 avril sur Planète+ - CAPATV
Laure Beaudonnet

Laure Beaudonnet

Et si l’homme accouchait d’une autre espèce ? Et si cette autre espèce était 100 % digitale ? L’Homme immortel, le troisième volet de la série de documentaires Humains 3.0, produite par CAPA presse et diffusée ce vendredi sur Planète + à 20h55, passe en revue les théories transhumanistes, portées par des gourous de la Silicon Valley, et les pistes de la science pour soigner la mort. Vaste programme. Vieillir n’est pas une fatalité et les GAFA sont les premiers sur le coup. Les géants du Web mettent le paquet pour goûter à l’élixir de la jeunesse éternelle en investissant des fonds considérables. Homme augmenté, homme immortel, homme-machine… On fait le portrait-robot du post-humain avec la scientifique Elena Sender, coauteur et coréalisatrice de l’épisode de 52 minutes.

Il aura quelle tête l’homme du futur ?

Il courra plus vite, sautera plus haut, sera plus fort et se fatiguera moins. Une sorte de surhomme, en gros. L’homme du futur se baladera avec des prothèses en tous genres, portera des exosquelettes biomécaniques à la Robocop. Il se greffera des puces ou des antennes wifi sous la peau et se monitorera en permanence. « Des électrodes de stimulations implantées dans le cerveau et dans le corps lui permettront d’augmenter certaines fonctions cognitives comme la mémoire, l’attention », imagine Elena Sender. Il pourra surveiller ses données de santé pour éviter les maladies et vivre plus longtemps. « Il pourrait même vivre jusqu’à 1000 ans, selon certains transhumanistes », lance la scientifique. Augmenté et immortel, facile.



Une vie 100 % digitale, c’est possible ?

Télécharger son cerveau, mettre sa mémoire sur le cloud, pourquoi pas ? L’épisode L’homme immortel présente Robert McIntyre, un jeune diplômé du MIT, qui a réussi à cryogéniser un cerveau de lapin pour conserver ses milliards de connexions neuronales. « Mon rêve, c’est d’être capable de créer un cerveau numérique assez sophistiqué pour qu’il puisse se comporter comme l’original. Et que vous puissiez interagir avec lui comme si vous parliez à la personne en chair et en os », explique le jeune chercheur dans le documentaire. « C’est ça la vie éternelle ».

Mais nous en sommes encore loin. « Dans ce film, on a voulu montrer qu’à côté de la science-fiction, les laboratoires planchent sur des élixirs de longue vie. Et cela - moi qui suis scientifique - j’y crois », s’enthousiasme la réalisatrice. « Ne citons que les travaux de Nir Barzilai à l’Institut de recherche sur le vieillissement de l’Albert Einstein College of Medicine de New York », reprend-elle. Il teste un médicament pour faire reculer toutes les maladies liées à l’âge. Des centenaires en bonne santé, le rêve.

Le post-humain aura-t-il quand même un corps ?

Et si à la place des fils électriques pluggés dans l’oreille (ou ailleurs), l’homme de demain se dématérialisait ? « Après les transhumains, certains scientifiques imaginent l’ère des post-humains, le corps biologique disparaît au profit d’un corps simulé, informatisé. Il atteint l’immortalité digitale ». D’accord, mais pour le reconnaître dans la rue, ça ne va pas être pratique pratique.



Que lui restera-t-il de l’homme ?

Des fils électriques, un corps dématérialisé et un cerveau digital… Il lui restera quoi de l’homme exactement ? La mort fait partie de la vie et comme le mentionne le philosophe Jean-Michel Besnier, spécialiste du transhumanisme, Ulysse dans L’Odyssée a refusé l’immortalité. « Pour lui, c’était synonyme d’ennui », explique Elena Sender. « L’humain immortel n’est plus un humain dès qu’il a perdu le sens de sa vie ». La mort le pousse à se dépasser. On comprend mieux pourquoi certains parlent de « posthumes » pour parler des post-humains.

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