«Dragon Ball Super»: Que vaut la suite de la saga «Dragon Ball»?

MANGA Un spécialiste de la série livre son avis à chaud sur «Dragon Ball Super»...

Olivier Mimran

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Vegeta et Goku, deux personnages de Dragon Ball
Vegeta et Goku, deux personnages de Dragon Ball — DRAGON BALL SUPER © 2015 by BIRD STUDIO, Toyotarou/SHUEISHA Inc.

20 Minutes a confié à Matthieu Pinon, journaliste spécialisé et auteur d' Histoire(s) du manga moderne (avec Laurent Lefebvre, chez Ynnis éditions), la lecture du premier tome de Dragon Ball Super. Ce grand fan de la saga « Dragon Ball» dévoile son analyse à chaud.

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D'abord, cette nouvelle histoire est-elle vraiment justifiée?
A défaut d’être absolument nécessaire, la démarche était réclamée par les fans. La dernière itération de la saga, Dragon Ball GT, ayant été très mal reçue, elle leur avait laissé un goût amer et décevant pour une « conclusion »

DB Super est présenté comme la suite de Dragon Ball. Quelles sont néanmoins ses différences avec la série mythique?
La première série, «Dragon Ball», se passait sur Terre avant de prendre une dimension interplanétaire (dans «DBZ»). Là, c’est carrément plusieurs univers qui servent de toile de fond !

DRAGON BALL SUPER © 2015 by BIRD STUDIO, Toyotarou/SHUEISHA Inc.



Son Goku s'y élève au rang de Super Saiyan Divin et y affronte un Dieu. Sacrée surenchère, non?
Cette surenchère est le moteur même de DBZ, avec des évolutions de plus en plus « balèzes » (Super Saiyan niveau 1, puis 2, puis 3…). En ce sens, DB Super respecte le cahier des charges de DBZ.

Toriyama introduit la notion d'univers parallèles. Vraie ou une fausse bonne idée?
C’est peut-être l’un des points de scénario les moins originaux de tout ce qu’a créé Toriyama. Néanmoins, cela lui ouvre un champ des possibles pour les aventures à venir… que l’éditeur se fera une joie d’exploiter au maximum.

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Toyotaro, le nouveau dessinateur, est-il vraiment «l'héritier»de Toriyama ?
Il a sans conteste digéré le trait de Toriyama époque DBZ, tout comme Naho Ohishi (Dragon Ball SD) a digéré celui de l’époque DB.

DRAGON BALL SUPER © 2015 by BIRD STUDIO, Toyotarou/SHUEISHA Inc.

Qu'apporte son trait à la série ?
Rien. Et c’est bien ce qu’on lui demande : « faire du Toriyama ». Certains -dont moi- auraient aimé une prise de risque avec un design différent, comme l’a fait la saga «Saint Seiya» (Chevaliers du Zodiaque) en faisant appel à des dessinatrices. Mais les fans de DB n’auraient pas apprécié, ils sont extrêmement conservateurs.

Dragon Ball est-il vraiment le «Star Wars du manga» ?
Dans le fait qu’il y a un univers galactique cohérent, ça se tient. Pour son succès démentiel, ça se tient. Mais ça occulterait les origines de la saga (les aventures terrestres de Goku). Il y a également du « Parrain » de Coppola, puisqu’on suit toute une lignée de héros, descendance après descendance. Enfin, il ne faut pas oublier un humour digne de Benny Hill !



Au Japon, le manga DB Super a quasiment commencé à être publié en même temps que l'anime était diffusé (juin/juillet 2015). Quelles sont leurs différences ?
Les variations sont minimes entre les deux supports. On regrettera juste que les premiers chapitres de DB Super (qui résument le film Battle of Gods, à l’origine de cette reprise) soient brouillons et vite expédiés pour quiconque n’a pas suivi l’anime.

Le succès de DB Super sera-t-il à la hauteur de celui de la série originelle ?
Je doute que DB puisse retrouver le succès démentiel de la fin des années 1980. Mais la différence majeure est que DB Super se regarde (pour l'anime) ou se lit en famille, les papas ayant connu la série originale avec leur progéniture.

Dragon Ball Super tome 01 «Les guerriers de l'univers 6», par Akira Toriyama & Toyotaro - éditions Glénat, 6,90 euros