Mort de James Rosenquist: Trois œuvres à connaître pour ceux qui n'en ont jamais entendu parler

ART L’Américain, grand nom du Pop art, est décédé vendredi. Présentation de quelques-unes de ses œuvres les plus notables…

Fabien Randanne

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James Rosenquist en 2004 devant sa toile «President Elect», au musée Guggenheim de Bilbao (Espagne), qui lui consacrait alors une exposition.
James Rosenquist en 2004 devant sa toile «President Elect», au musée Guggenheim de Bilbao (Espagne), qui lui consacrait alors une exposition. — RAFA RIVAS / AFP

James Rosenquist est décédé vendredi à l’âge de 83 ans. Même si l’Américain était une figure du Pop art, au même titre qu’Andy Warhol, Roy Lichtenstein ou David Hockney, il reste relativement méconnu du grand public… Petite présentation de l’artiste à travers trois de ses œuvres les plus fameuses…

  • « President Elect »

Dans sa jeunesse, James Rosenquist a gagné sa vie en peignant de gigantesques panneaux publicitaires. Une expérience qui a eu une influence certaines sur ses œuvres. President Elect, huile sur toile de 2.28 m par 3.33 m, acquise par le Centre Pompidou à Paris, en est une parfaite démonstration.

Ce triptyque réalisé en 1960 et 1961, comprend un portrait de JFK, tiré d’une de ses affiches électorales, et de deux détails extraits des publicités trouvées dans le magazine Life. A savoir une réclame pour la préparation de gâteaux instantanés (parues en 1954) et une campagne pour la Chevrolet 1949. « Que mettre sur une publicité pour quelqu’un ? Allons donc pour son visage. Et sa promesse, c’était la moitié d’une Chevrolet et un morceau de gâteau rassis », commentera l’artiste.

  • « I Love You With My Ford »

Des spaghettis en boîte, un visage de femme et un pare-choc. Cette huile sur toile de 2.10 m par 2.37 m, est composée de trois bandes horizontales qui représentent la société de consommation et le sexe.

Peinte en 1961 et exposée au musée d’art moderne de Stockholm (Suède), elle associe des images disparates, comme autant de zooms abstraits qui semblent moquer la société de consommation, le capitalisme et, plus largement, le mode de vie américain. « Quand j’ai copié une illustration des années 1940 de spaghettis, je me suis dit : « pourquoi fais-je cela ? Honnêtement je ne sais pas. C’était simplement de l’instinct à propos des images comme des formes pures… dans un sens, les spaghettis sont comme une peinture abstraite expressionniste », écrira Rosenquist dans Painting Below Zero, ses mémoires.

  • « F-111 »

Voici sans doute la création la plus célèbre de James Rosenquist. Exposée au MoMA à New York, elle s’étend sur plusieurs pans de murs et pour cause : elle mesure 3 m de haut et 26 m de long.

Achevé en 1965, cet assemblage d’huiles sur toile et aluminium témoigne des bouleversements de cette décennie. Des symboles de la société de consommation (spaghettis, parapluie, ampoule…), cohabitent avec un nuage atomique et des allusions à la force militaire américaine (dont le bombardier F-111 qui donne son nom à l’œuvre). Les contrastes abondent : les couleurs vives et saturées répondent aux tons métalliques et aux noirs profonds. Une manière de donner à voir en même temps l’Amérique réjouie de l’ère prospère qu’elle traverse mais aussi les élans guerriers d’un pays qui va s’embourber au Vietnam.