Lacrim: «Il faut fouiller ma personnalité pour me comprendre»

MUSIQUE A l'occasion de la sortie de son nouvel album intitulé « Force et honneur », « 20 Minutes » a rencontré le rappeur Lacrim...

Propos recueillis par Claire Barrois

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Lacrim sort son nouvel album «Force et honneur» le 31 mars.
Lacrim sort son nouvel album «Force et honneur» le 31 mars. — Fifou

Lacrim sort son nouvel album, Force et honneur, ce vendredi. 20 Minutes a rencontré le rappeur et a décidé de repartir à zéro pour essayer de comprendre sa personnalité loin de sa réputation sulfureuse.

Qui est Lacrim ?

C’est quelqu’un de simple, sans prétention, naturel, qui aime le contact avec les gens. C’est aussi quelqu’un qui s’est forgé par la souffrance. Je suis différent de l’image que les médias ont donnée de moi : je n’ai jamais parlé de cavale avant mon séjour en prison, l’année dernière. Je suis allé en prison pour des délits que j’avais commis six ans, dix ans en arrière. Je donne l’impression d’être très brut dans la musique mais je ne le suis pas dans la vie.

Pourquoi êtes-vous brut dans la musique ?

La musique me permet d’extérioriser ce qui est enfoui en moi. On a tous des choses lourdes à porter, certains finissent par devenir dépressif, se suicider… Moi la musique a changé ma vie en me permettant d’évacuer tout ça.

Quelle portée voulez-vous donner à votre musique ?

Peut-être que plus je vais prendre de l’âge plus la portée de mes paroles sera profonde… Déjà j’ai l’impression que mes paroles sont plus profondes, que j’ai pris de la maturité ces derniers temps et que j’ai changé de priorités de vie.

Pourquoi écoute-t-on du Lacrim ?

On écoute du Lacrim en voiture, pour se défouler, ou plein d’autres raisons… En revanche, si on a envie de musique joyeuse, Lacrim c’est pas trop ça. Moi en tout cas c’est pas ce que j’écoute quand je veux un truc léger. Dans ces cas-là, j’écoute plutôt Maître Gims, Louane, Kendji Girac, Soprano, Stromae… Ce que j’aime chez eux c’est qu’ils sont tous super humains.

Justement, dans vos précédents albums, vous insistiez plus sur votre côté gangster, et votre web série, également intitulée « Force et honneur », vous montre très humain…

La série offre un moyen d’expression plus long, elle permet de montrer mes sentiments. Il faut fouiller ma personnalité pour me comprendre. Avant, j’étais dans le constat de ce qui n’allait pas, maintenant j’ai pris le bon côté des choses. J’essaie de bien m’occuper de mes enfants et tous les jours. Certains me voient comme un modèle de réussite, mais personne ne connaît ma souffrance.

Le nom de votre label « Plata o plomo » et le nom de votre premier extrait, « Colonel Carrillo », sortent tout droit de la série « Narcos ». Qu’est-ce qui vous inspire pour vos chansons ?

Effectivement, j’adore Narcos. D’autant plus depuis que j’ai tourné ma série. J’ai regardé à nouveau et je trouve que c’est vraiment très bien fait ! Je suis inspiré par deux choses : mes trucs intérieurs et ce que je n’ai pas. Et pour m’exprimer, j’aime beaucoup faire du rap imagé, créer des punchlines sur des images. Une de mes phrases que j’aime beaucoup c’est : « Ce soir je suis au resto et j’entends le bruit des vagues. » Je trouve que c’est une phrase qui fait voyager, et si ma musique peut transporter les gens quelque part, je suis content.