Au fait, comment on organise un TEDx ?

CONFERENCE Staff, répétitions: on vous emmène dans les coulisses de la création d'un événement TEDx...

Thomas Weill

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L'édition 2016 du TEDx Istec, à Paris.
L'édition 2016 du TEDx Istec, à Paris. — Istec

Quel est le point commun entre le jeu, la transmission et la renaissance ? A priori aucun, si ce n’est qu’il s’agit là des thèmes choisis pour différentes conférences TEDx organisées en France cette année. Lancées par des écoles, des entreprises, voire des particuliers, ces dérivées des TED à l’américaine qui ont pour objectif de partager des idées au cours de microconférences se multiplient en France. Elles seront au nombre de 37 cette année d’après le site de l’organisation. Mais obtenir la licence TED ne suffit pas. A l’occasion du TEDxIstec, le 11 mars, dont 20 Minutes est partenaire, nous avons cherché à savoir comment s’y prendre pour organiser un tel événement.

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Première étape, trouver l’idée. LA thématique qui va réunir autour d’elle tous les « speakers » comme on dit en jargon TED. IL s’agit même de la principale difficulté pour Michel Lévy-Provençal, fondateur de TEDxParis, la première conférence du genre en France, arrivée en 2009. « Le plus dur est de trouver des idées nouvelles, originales, et des acteurs capables de les porter. On a une certaine habitude pour la logistique, mais se réinventer dans le contenu est difficile. »

A plus forte raison lorsque ce sont des écoles qui organisent. D’après Philippe Bastien, en charge notamment de la direction du TEDx de l’école, la thématique choisie doit être « un compromis entre l’air du temps, les sujets qui nous sont chers, et la capacité des étudiants à la comprendre. » A l’Istec, le TEDx est avant tout un projet pédagogique, monté par les étudiants. La thématique de l’édition 2017 ? « Play the game », jouer le jeu.

Accompagner les speakers

Un vaste sujet, direz-vous. Il faut donc ensuite repérer différentes tendances et des personnes pour les incarner. A l’Istec, chaque étudiant doit effectuer ce travail pour trouver des speakers, qu’il faut ensuite accompagner. C’est le rôle de Jessy Paolozzi, en deuxième année de master marketing événementiel et communication à l’Istec et responsable des orateurs.

« Mon équipe et moi briefons les étudiants afin de les aider à contacter les orateurs, les conseiller sur quoi leur dire, comment faire », explique l’étudiant. Il était aussi chargé de la mise en relation entre les speakers et le « coach TEDx » de l’école. Car parler à une conférence TEDx ne s’improvise pas. C’est pour cette raison que Michel Lévy-Provençal a développé une méthode de prise de parole. « J’ai travaillé sur une technique d’accompagnement avec un comédien, en essayant de reprendre les bases ce que qu’était un TED talk », précise-t-il.

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Un travail d’entreprise

A ce stade, l’organisation du TEDx est bien avancée, mais beaucoup de choses restent à faire. « Il faut trouver de l’argent, créer un site Internet, une charte graphique pour la communication, et il faut des partenaires. Le principal ennemi, c’est le temps », évoque Philippe Bastien qui donne six mois à sa classe pour mettre l’événement sur pied. Afin de répondre à tous ces besoins, ses étudiants ont été répartis en différents pôles : « les sponsors, le branding, le design, les RP, la logistique… ». Les étudiants fonctionnent « comme une mini-entreprise », compare Jessy Paolozzi.

Une structure est d’ailleurs bien souvent nécessaire, en témoigne l’entreprise Brightness, que Michel Lévy-Provençal a fondée entre autres pour organiser TEDxParis. Cela prouve bien l’ampleur de l’événement. Car c’est aussi ça un TEDx, plusieurs mois de préparation pour des prises de parole... de dix-huit minutes.