VIDEO. 20 ans de «Buffy contre les vampires»: Qui sont les héritières de Buffy Summers?

SERIE Vingt ans après sa création, Buffy est devenue un modèle pour les héroïnes « badass »…

Anne Demoulin

— 

Sarah Michelle Gellar dans « Buffy contre les vampires », Eliza Bennett et Taylor Dearden dans « Sweet/Vicious » et Rose McIver dans « iZombie ».
Sarah Michelle Gellar dans « Buffy contre les vampires », Eliza Bennett et Taylor Dearden dans « Sweet/Vicious » et Rose McIver dans « iZombie ». — JAMES SORENSON/AP/SIPA/MTV/The CW

Au travers 144 épisodes, Buffy Summers a combattu de nombreux vampires, mais aussi quelques clichés ! La jeune fille blonde et menue, héroïne d’une série fantastique, redoutable tueuse de vampires, incarnée par Sarah Michelle Geller, a fait évoluer la figure de l’héroïne classique des séries télé, ce personnage secondaire au service de la quête du héros masculin.

>> A voir aussi : Les 16 moments les plus badass de «Buffy contre les vampires»

Vingt ans après son lancement le 10 mars 1997 sur la chaîne américaine The WB, Buffy est devenue une icône des femmes fortes dans les séries télé. Comment cette battante a engendré une flopée d’ héroïnes badass ?

L’inversion des codes des genres

En créant le personnage de Buffy à la fin des années 1990, Joss Whedon voulait renverser les codes des genres masculin/féminin. Il voulait subvertir le cliché hollywoodien qui voulait que, dans les slasher movies, la blonde se fasse tuer au bout de quelques minutes. Sarah Michelle Gellar, en pleine période Buffy, a d’ailleurs campé cette pauvre blonde charcutée sur le grand écran, dans Souviens toi l’été dernier et Scream 2, tous deux sortis en 1997. « Buffy est la descendante d’une somme de séries mettant en scène des héroïnes fortes, des Drôles de dames à Super Jaimie en passant par V », rappelle Cécile Pinaud, auteur de Femmes en série (2012, La Maison d’éditions) et du webzine Femmes de séries.

Joss Whedon expliquait au moment du lancement de Buffy contre les vampires que « la mission première de la série, c’était la joie liée au pouvoir féminin : avoir le pouvoir, l’utiliser, le partager ». Dans ce mix étonnant entre soap opera, teen series et fantastique, ce sont les femmes qui possèdent les pouvoirs : Buffy et Faith sont des tueuses, Willow et Tara, des sorcières, Anya, un démon vengeur, alors qu’Alex n’a aucun pouvoir particulier. Et Buffy assume pleinement sa féminité, en menant ses combats rapprochés en talons et minijupe. L’inversion des rôles et la question de l’émancipation des figures patriarcales sous-tendent toute la série, la femme y devient le sexe fort et l’homme, le sexe faible. Dans le duo formé par Buffy et Angel, la tueuse de vampire est la figure masculine, alors que le vampire repenti est une sorte d’homme fatal, dont la caractéristique principale est la beauté.

La formule séduit et le show est un succès, tant public, que critique. Conséquence « Une floppée d’héroïnes a un lien de parenté avec Buffy », explique l’experte. Qui sont-elles ? « L’héritière naturelle qui s’impose est sans nul doute Veronica Mars », lance d’emblée Cécile Pinaud. L’adolescente détective est tout aussi coriace, maligne, déterminée et sexy que Buffy. Comme la chasseuse de vampire, Veronica Mars subit de nombreux traumatismes : un viol, le meurtre de sa meilleure amie, l’alcoolisme de sa mère, etc.

Des héritières influencées par Buffy

« Il n’existe pas d’équivalent à Buffy, mais des héritières qui ont été plus ou moins influencées par Buffy », précise la spécialiste. Depuis Buffy, on ne compte plus les dures à cuire du petit écran : les sœurs Halliwell de Charmed, l’agent Sydney Bristow d’Alias, Michonne et toutes autres tueuses de zombies de The Walking Dead, Sarah Manning et ses clones dans Orphan ou encore Peggy Carter d’Agent Carter, Jessica Jones de Marvel’s Jessica Jones. « Dans les séries récentes, c’est probablement les deux héroïnes de Sweet Vicious qui sont les plus proches de Buffy. La « sorority girl » blonde Jules et Ophelia, l’hackeuse aux cheveux vert, se transforment la nuit en justicières ninja, pour dénoncer la culture du viol sur le campus, passée sous silence par l’université », note Cécile Pinaud. « L’autre héritière récente est Olivia Moore, surnommée Liv, l’étudiante zombie d’I-Zombie, contrainte de manger des cerveaux pour survivre. La série est d’ailleurs diffusée sur CW, donc comme Buffy, une série Warner Bros. »

« Non, ce n’est pas moi », répond Arya Stark, 10 ans, à son père qui lui annonce : « Tu épouseras un seigneur et tu dirigeras son château, et tes fils seront des chevaliers, des princes et des seigneurs. » Comme Buffy, Arya rejette les figures d’autorité, le système patriarcal.

Quelques saisons plus tard dans Game of Thrones, Arya Stark est devenue une redoutable guerrière avec pour mantra « Valar Morghulis » (« Tous les hommes doivent mourir. ») De son côté, la naïve Sensa Stark est devenue un habile stratège politique tandis que Daenerys Targaryen est une puissante reine. « Les héroïnes badass mènent le jeu désormais », se réjouit Cécile Pinaud. La série Buffy contre les vampires « a surtout permis l’existence de nombreux personnages féminins dans les rôles-titres des séries télévisées », estime l’experte qui s’interroge : « Les grandes héroïnes de The Good Wife, et désormais de The Good Fight, n’auraient peut-être pas été créées s’il n’y avait pas eu Buffy pour ouvrir le chemin ? » Mais, il faudrait être une incarnation féminine de Doctor Who, le voyageur du temps, pour répondre à cette question.