Michel Houellebecq chez les Picaros

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Michel Houellebecq
Michel Houellebecq — DR

On a retrouvé Michel Houellebecq. L’auteur d’«Extension du domaine de la lutte» et «La possibilité d’une île» était la semaine dernière en Amérique du Sud. A Buenos Aires d’abord puis à Santiago du Chili.
«Je suis venu car je recevais pas mal de mails de lecteurs. C’est rare… Il n’y a pas beaucoup de pays où cela arrive, sauf en Argentine et en Russie. Je me suis dit que l’on s’intéressait à moi et j’aime cela», a-t-il expliqué au «Petit Journal», un site tenu par des Français expatriés.

Sur place, il «était en effet attendu comme le Messie par les universitaires et les intellectuels, comme Michael Jackson par la jeunesse branchée», raconte Ruth Valentini, une journaliste qui assistait à la conférence sur «la ville et les mots» donnée par Houellebecq à la Faculté d’architecture de l’Université catholique de Santiago.

Grand oral
L’écrivain s’y serait livré à un grand exercice d’orateur. «Il y a longtemps, en lavant ma Mercedes dans une pompe d’essence à Paris, j’avais enfin l’impression d’être un homme», a-t-il lancé, avant d’ajouter, passant d’un sujet à un autre: Nicolas Sarkozy, «voici un vrai provocateur, il fustige Mai 68 sans que cela ait des retombées majeures».


Web et compagnie
Il s’est par ailleurs expliqué sur l’arrêt de son blog, dont le dernier post date de septembre. «Je l’ai arrêté parce que je n’avais pas le temps. Et c’est quand même moins bien que d’écrire.» Entendez «écrire» — au sens noble du terme — un livre avec une fin. Le contraire d’un blog qui représente «un système qui ignore le mot ‘‘fin'', à l’instar d’un « A la recherche du temps perdu» de Marcel Proust. Il ajoute dans cette vidéo: «je me réjouis de ne pas avoir connu Internet pendant mon adolescence, car j’étais alors timide et inhibé, donc je n’aurais probablement rencontré personne.»

Où en est le film adapté de son roman, «La possibilité d’une île»? Michel Houellebecq dit avoir sucré les rôles de femmes («je ne suis pas suicidaire!», justifie-t-il) ainsi que les scènes de sexe. «Quelle provocation, me dira-t-on, même pas de sexe! C’est parce que je n’ai pas réussi à résoudre le problème du sexe au cinéma. Pour cela, la littérature est mieux armée que les images !»