«Chez nous»: «Ce qui gênerait le FN, c'est que ses électeurs voient le film», pense Lucas Belvaux

CINEMA Dans le nouveau film du réalisateur belge, annoncé en salle pour le 22 février, il est question d'un parti politique fictif ressemblant fortement à celui de Marine Le Pen...

F.R.

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Catherine Jacob dans «Chez nous» de Lucas Belvaux. Dans ce film, l'actrice incarne une femme politique inspirée de Marine Le Pen.
Catherine Jacob dans «Chez nous» de Lucas Belvaux. Dans ce film, l'actrice incarne une femme politique inspirée de Marine Le Pen. — Jean Claude LOTHER - Synecdoche Artémis Productions

« Qu’on fasse 3 millions de spectateurs, ils s’en foutent [au Front national]. Ce qui les gênerait, c’est que leurs électeurs ou leurs sympathisants voient le film », a déclaré le réalisateur Lucas Belvaux dans On n’est pas couché, samedi.

Il évoquait alors les critiques du FN à l’égard de son nouveau long-métrage, Chez nous, qui sera à l’affiche le 22 février et raconte l’histoire d’une jeune infirmière à domicile nordiste, incarnée par Emilie Dequenne, approchée pour rejoindre la liste du Bloc patriotique aux municipales. Les ressemblances entre ce parti fictif et celui de Marine Le Pen ne sont pas fortuites.

« On dit aux gens ce qu'ils doivent penser d'un film sans l'avoir vu »

« Pauvre Marine Le Pen, qui est caricaturée par ce pot à tabac de Catherine Jacob. Un sacré navet en perspective ! », avait tweeté Steeve Briois, le maire FN d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), lorsque la bande-annonce a été mise en ligne début janvier. Le vice-président du FN Florian Philippot, lui, jugeait « scandaleux » qu’un film « clairement anti-FN sorte à deux mois du vote pour la présidentielle ».

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« Le message s’adresse uniquement à leurs électeurs en disant que c’est un navet, a ajouté Lucas Belvaux dans le talk-show de France 2. C’est là où c’est un parti totalitaire : on dit aux gens ce qu’ils doivent penser d’un film sans l’avoir vu, avant qu’ils l’aient vu. » Quelques instants plus tôt, le cinéaste belge avançait que ces réactions du FN avaient fait de la pub au film en le faisant passer « d’une notoriété zéro à une notoriété internationale », suscitant des articles jusqu’en Malaisie ou au Brésil.