L’artiste Combo vandalisera lui-même ses toiles (si vous ne les achetez pas)

expo Le samedi 4 février l’artiste créera entre « 50 et 100 » œuvres tout au long de la journée et détruira les invendus…

Antoine Magallon

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L'exposition sera aussi l’occasion pour Combo de fêter ses quinze ans de carrière.
L'exposition sera aussi l’occasion pour Combo de fêter ses quinze ans de carrière. — Antoine Magallon

Une exposition, une journée, un artiste, des toiles faites uniquement sur place, puis en partie détruites : tel est le projet de Combo. Connu des amateurs de street art grâce à ses reproductions du logo CoeXisT dans les rues de Paris et pour avoir célébré le triste anniversaire de l’accident de la centrale Fukushima en collant des affiches pro-nucléaire à Tchernobyl. Cette fois, l’artiste prévoit de réaliser directement sous les yeux des visiteurs ce samedi 4 février, de 10 heures à 21 heures, entre « 50 et 100 toiles » au Studio Shapes, dans le 10e arrondissement. « C’est un défi, explique-t-il, tranquillement installé sur un fauteuil de son atelier du Sentier. C’est aussi l’occasion de faire un show et de monter qu’on peut peindre beaucoup en très peu de temps. »

En plus de créer, l’artiste a décidé de détruire lui-même les toiles qui n’auront pas trouvé d’acquéreur. Une démarche voulue comme un prolongement de son travail de rue. « J’ai l’habitude que mes peintures disparaissent d’elles-mêmes, sous l’effet du temps, ou que les gens les repeignent. Mais quand un artiste transpose l’art de rue sur des toiles, il peut rentrer très vite dans une démarche qui ressemble à de l’art contemporain. Je pense que détruire mes œuvres ramènera l’essence du street art dans l’exposition. »

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« Ce n’est que de la peinture »

Pour Combo, cette exposition sera l’occasion « de repartir à zéro » après quinze ans de carrière et de « désacraliser » son art. « Le but est de dire ce n’est que de la peinture. Même si un message passe au travers, elles ne restent que des peintures. La réaction qu’elles créent chez les gens peut être importante, elles peuvent leur donner à penser, rendre heureux ou créer des sentiments violents, mais cela ne reste que de la peinture. »

Une oeuvre de l'artiste exposée à l'Institut du monde arabe en janvier 2016
Une oeuvre de l'artiste exposée à l'Institut du monde arabe en janvier 2016 - ISA HARSIN

Concombre ou sabre laser ?

Une fois les explications fournies, une question essentielle demeure encore : avec quoi les œuvres seront-elles réduites en poussière ? « On cherche quelque chose de visuel. L’idée n’est pas juste de prendre une toile et de la lacérer avec un cutter. Mais comme on est en intérieur, il y a des contraintes, on ne peut pas mettre le feu. C’est dommage, j’aurais voulu faire comme ça. »

Sur Facebook, l’artiste a posté un message demandant aux internautes de l’aider à décider quel objet, ou légume, s’abattra sur les invendus. Au moment où nous écrivons ces lignes, c’est le concombre qui recueillait la majorité des suffrages.