On a suivi un cours pour apprendre à tweeter comme Bernard Pivot

NOTIFICATIONS L'homme de lettres et twitto accompli a donné une master class de tweet...

Mélanie Wanga

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Bernard Pivot à l'inauguration de l'école d'écriture Les Mots, le 26 janvier 2017.
Bernard Pivot à l'inauguration de l'école d'écriture Les Mots, le 26 janvier 2017. — Romain Saillet

«Dans un tweet, tous les mots doivent être importants». La formule est de Bernard Pivot, invité le 26 janvier à inaugurer l'école d'écriture Les Mots, un lieu niché dans le Ve arrondissement qui propose entre autres des ateliers d’écriture de romans, scénarios ou encore de nouvelles érotiques. En toute logique,  le maître ès Twitter aux 450.000 abonnés venait y donner... un cours de tweet. 20 Minutes y était et vous prête ses notes.

Pourquoi lui? Si vous êtes un twitto assidu, vous n’êtes sûrement pas passé à côté du style Pivot sur Twitter, fait de bons mots et de commentaires espiègles. Présent depuis 2011 sur le réseau social, l’ex-animateur des émissions cultes «Apostrophes» et «Bouillon de culture» poste chaque jour un à trois tweets, parfois poétiques, souvent très drôles, et toujours pertinents. 

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A priori, un homme de lettres et un réseau social ne sont pas censés faire bon ménage. C’est en 2011, à l’aube des révolutions arabes, que Bernard Pivot se met à tweeter. «J’étais curieux de ce nouvel outil de communication. J’y ai trouvé une forme d’exercice mental», explique-t-il. Celui qui a publié en 2013 le très à-propos Les Tweets sont des chats (éd. Albin Michel) explique que le service lui rappelle son passage au Figaro Littéraire où, plus jeune, il composait échos, billets et brèves : «Ce que j’aime, c’est que Twitter est un réseau social empli de solistes», contrairement à Facebook qu’il qualifie «d’attroupement». C’est dit.

Leçon n°1: créez-vous une routine

Halte au chaos ! Le président de l'académie Goncourt recommande de tweeter chaque jour à la même heure. Selon lui, pour un maximum d’impact, il faut attendre pour créer la demande et être concis. Bernard Pivot publie quant à lui généralement un à deux tweets par jour (plus en période politique agitée) qu’il écrit d'abord sur papier, le matin en prenant son café entre 7 et 9 heures. Oui, c’est précis: «Par principe, je ne tweete jamais le samedi ou le dimanche. J’écris mon tweet, puis je le retravaille. C’est une jouissance extrême d’en créer un qui fasse pile 140 caractères ! Et j’aime que tout le monde soit logé à la même enseigne.» Il l’affirme : tous les jeunes étudiants en journalisme devraient être sur Twitter, «une école de la concision. Dans notre époque d’abondance, être économe de ses mots est une démarche intéressante.» 

Leçon n°2: trouvez vos thèmes de prédilection

Pour être identifié sur le réseau, on vous conseille d'adopter un style personnel et des thématiques sur lesquelles on vous attendra. Bernard Pivot s'est fait une spécialité du commentaire d’actualité, surtout en cette période électorale. Mais la grande spécialité Pivot est de « verbifier » les noms des politiques - en s’inspirant du « zlataner» des «Guignols de l’info» - et leur trouver des définitions rigolotes. Plutôt efficace.

Son deuxième thème préféré ? Les relations hommes-femmes, un sujet Ô combien intemporel. «Les gens aiment les jeux de mots, qui sont très commentés et retweetés», explique l'ex-animateur. Mais attention, sur cette thématique, il est de mise de toujours rester de bon goût...

Leçon n°3 : un peu de frime ne fait de mal à personne

Bon ok, on est sur Twitter, mais ce n'est pas une raison de s'interdire les figures de style audacieuses qui vont démontrer votre agilité littéraire. «Mais spécifiez toujours que vous venez d'en faire une, histoire de paraître intelligent», recommande l'homme de lettres en s'esclaffant.

Leçon n°4 : restez quand même accessible

Bernard Pivot ne s'en cache pas: ce qu'il aime sur Twitter, ce sont «les interactions avec les autres utilisateurs», et de trouver le bon mot qui sera retweeté et apprécié à sa juste valeur. C'est dans cette optique qu'il nous met en garde contre l’absurde. Ce genre littéraire prisé des lettrés ne semble pas très bien fonctionner sur le réseau social, et récolte peu de (précieux) RT… Attention au flop !


Leçon n°5 : en cas de panne d'inspiration, tournez-vous vers les grands du passé

Bernard Pivot ne suit pas beaucoup d’utilisateurs du réseau social (85 heureux élus seulement), une technique utile pour conserver une aura de mystère. Mais il ne manque pourtant pas de s’inspirer des célébrités du passé, qu’il cite allègrement. Toujours en restant dans ses thématiques fétiches...


Leçon n°6 : restez maître de votre compte Twitter... et amusez-vous

Quand on lui suggère l’idée d’embaucher un community manager pour tweeter à sa place, durant les vacances ou les jours fériés par exemple, Bernard Pivot manque de s’étrangler. « Jamais ! Si je délègue ce plaisir, qu’est-ce qu’il me reste ? » Allez, à vos stylos et claviers.