«Pline» et «Le mari de mon frère», deux mangas présents au Festival d'Angoulême 2017
«Pline» et «Le mari de mon frère», deux mangas présents au Festival d'Angoulême 2017 — Casterman / Akata

MANGA

«Pline», «Le mari de mon frère»... Le manga en force au Festival d'Angoulême

Sélections, invités, expositions... Le manga est bien représenté du 26 au 29 janvier au Festival de la bande dessinée d'Angoulême...

Deuxième consommateur de mangas au monde après le Japon, la France a pourtant mis du temps avant de le reconnaître à sa juste valeur. Peut-être parce qu’il est resté longtemps associé à la BD jeunesse et aux dessins animés du Club Do. A l’instar de Jirō Taniguchi (L’homme qui marche, Quartier lointain), des mangakas estampillés « auteurs » et au style plus accessible aux Occidentaux, ont ouvert la voie de la reconnaissance, jusqu’à ce que les mangas s’invitent au fur et à mesure dans les différentes sélections du Festival d’Angoulême, et que Katsuhiro Ōtomo, l’auteur d’Akira, décroche le Grand prix en 2015. Résultat : le manga n’a jamais été aussi présent, riche, divers qu’en cette 44e édition.

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Un parfait ambassadeur du manga d’auteur

S’il n’est pas en sélection, Pline (Casterman) est un parfait ambassadeur du manga à Angoulême, d’un manga d’auteur dans la lignée de Taniguchi, représenté par Mari Yamazaki et Tori Miki, tous deux invités du festival. On doit à la première le succès Thermae Romae, où un architecte de l’Empire romain se retrouve projeté dans le Japon contemporain. Elle signe aujourd’hui un portrait de Pline L’Ancien, figure historique du Ier siècle, commandant de l’armée romaine, savant, érudit et auteur d’une Histoire naturelle qui fait référence encore aujourd’hui.

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« DansThermae Romae, la comédie m’empêchait de me focaliser comme je l’aurais voulu sur la Rome antique, sur la vie quotidienne à cette époque », explique la dessinatrice. L’art du bain y permettait de voyager dans le temps, littéralement, et d’y confronter les cultures, métaphoriquement. « Pline met également en perspective les civilisations, la Rome d’hier et le Japon d’aujourd’hui, cette fois à travers les catastrophes naturelles, les éruptions du Vésuve et de l’Etna. Bien sûr, l’accident nucléaire de Fukushima a été un déclic. » L’approche historique et scientifique de Mari Yamazaki, au plus près du texte et des faits, est contrebalancé par un Tori Miki plus intéressé par les zones d’ombre et les apparitions fantastiques. Et heureusement. Le manga évite ainsi le discours, le catalogage pour éveiller la curiosité, celle-là même qui anime Pline.

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Du manga dans toutes les sélections

Egalement présent du 26 au 29 janvier à Angoulême, Gengoroh Tagame, dont Le mari de mon frère (Akata) concourt en sélection officielle. Plus connu pour ses oeuvres homos et pornos, il met en scène ici une chronique sociale et une leçon de tolérance : Yaichi élève seul sa fille jusqu’au jour où débarque Mike Flanagan, le mari de son frère jumeau récemment décédé. Un gay mais également un « gaijin ».

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Le beau Chiisakobé, le manwha Mauvaises filles, le touchant Sunny et le bizzaroïde Last Hero Inuyashiki (un employé de bureau de 58 ans devient un robot superpuissant, par l’auteur de Gantz) se sont également imposés en sélection. Mais ce n’est pas tout, on retrouveIchiko et Niko et l’incontournable My Hero Academia en sélection jeunesse, ainsi que Le Club des divorcés en Patrimoine. Le festival consacre d’ailleurs rétrospective et exposition à son dessinateur Kazuo Kamimura, mangaka emblématique des années 70.