César 2017: Les scénarios «malaise» de la soirée avec Roman Polanski en président

CARNAGE Roman Polanski a été désigné ce mercredi président de la 42e cérémonie de remise des trophées du cinéma français... 

Fabien Randanne
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Le 28 février 2014, Roman Polanski a reçu le César du meilleur réalisateur pour «La Vénus à la fourrure».
Le 28 février 2014, Roman Polanski a reçu le César du meilleur réalisateur pour «La Vénus à la fourrure». — MARTIN BUREAU / AFP

L’Académie des César avait l’embarras du choix mais a opté pour le moins consensuel. Roman Polanski a été désigné pour présider la 42e cérémonie des César qui se tiendra le 24 février à Paris. Le réalisateur franco-polonais à reçu huit compressions dorées au cours de sa carrière riche de vingt et un films, ce qui suffit aux organisateurs pour légitimer leur décision. Mais dès que l’information a été officialisée ce mercredi, les critiques et messages de contestation ont commencé à émerger. L’Académie n’avait peut-être pas tablé sur un tel scénario, mais 20 Minutes a imaginé les trois moments « gros malaise » qui pourraient marquer la cérémonie.

  • La vanne de Jérôme Commandeur

« Ces dernières années vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n’êtes même pas condamné pour viol aux Etats-Unis. » En mai dernier, Laurent Lafitte, le maître de cérémonie du Festival de Cannes, adressait cette réflexion caustique à Woody Allen. Il faisait aussi allusion à Roman Polanski qui, en 1977, a été accusé d’avoir violé une adolescente de 13 ans, Samantha Geimer. Libéré sous caution après 42 jours de prison, il a quitté les Etats Unis pour l’Europe et n’y a plus jamais remis les pieds depuis, fuyant la justice américaine qui tente désespérément de remettre la main sur lui. Roman Polanski fait toujours l’objet d’une notice rouge d’Interpol et reste considéré comme un fugitif, la France, la Pologne et la Suisse étant les trois pays dans lesquels il peut circuler librement sans risquer l’extradition.

« Je pense que la tirade de Laurent Lafitte était minable (…). C’était d’extrêmement mauvais goût », avait déclaré le réalisateur au micro d’Europe 1. L’humoriste Jérôme Commandeur, l’hôte des César 2017, osera-t-il faire référence dans un de ses speechs aux déboires judiciaires du président de la cérémonie (spoiler : on parie que non) ? Si tel est le cas, l’ambiance lors de la remise de prix risque d’être encore plus glaciale que d’habitude. On peut aussi s’attendre à ce qu’un ou plusieurs des artistes présents, venus remettre un prix ou en recevoir un, fasse publiquement part de son opinion (spoiler : on parie que non).

  • La manifestation devant Pleyel

A l’extérieur de la salle Pleyel, où se tiendra la cérémonie, l’atmosphère pourrait bien être électrique. Difficile d’imaginer que les associations féministes et/ou de défense des victimes de viol, et plus généralement celles et ceux qui s’offusquent de l’honneur accordé à Roman Polanski par les organisateurs, ne cherchent pas à faire entendre des voix discordantes en préambule du concert d’autocongratulations. Ce mercredi, le hashtag « #BoycottCesar » a été lancé sur Twitter.

Peut-on imaginer une mobilisation militante lors de l’arrivée du cinéaste sur le tapis rouge ? Canal + la retransmettra-t-elle en léger différé et sans le son ? Malaise TV est au taquet.

  • Le meilleur film redouté

La tradition veut que le président ou la présidente des César remette le dernier trophée de la soirée, celui du meilleur film. Cette année, côté pronostics, Elle figure en bonne place pour ce prix. Le long-métrage de Paul Verhoeven, qui concourrait sous la bannière tricolore au Festival de Cannes, ne manque pas de laudateurs. Mais nombre de ses détracteurs l’ont perçu comme une œuvre misogyne participant à la culture du viol, car elle traiterait l’agression dont est victime l’héroïne, incarnée par Isabelle Huppert, avec trop de complaisance. Si Roman Polanski décachette l’enveloppe et y découvre Elle, cela risque de lui coller quelques sueurs froides. La photo officielle vaudra son pesant de soufre.