Choc des cultures aux Transmusicales

MUSIQUE Pop-folk lumineux contre fureur électro étaient au programme samedi du festival rennais pour sa dernière journée...

De note envoyé spécial à Rennes, Boris Bastide

— 

Paul Heartfield

Transmusicales, terre de contrastes. Samedi, alors que le parc des expos était branché rap et électro, la formation folk-pop Tunng jouait pour le quatrième et dernier soir son projet de résidence dans la petite salle de l'Aire libre. L'essentiel du concert y est composé de chansons tirées du répertoire des six Britanniques, auxquelles s'ajoutent quelques titres de leurs deux invités : le rappeur Buck 65 et la harpiste Serafina Steer.


Tunng, à couper le souffle


Et la réussite de l'exercice est impressionnante. Car en plus de leur laisser chanter quelques titres, Tunng a fait le choix judicieux d'intégrer leurs deux univers à ses chansons. Du coup, on se retrouve sur scène avec huit musiciens apportant chacun sa petite touche pour donner grandeur et densité aux morceaux de la formation britannique.

Cette orchestration élargie (flutte, sons d'amulettes, trompette ou guitare électrique...) permet aux artistes d'explorer avec une finesse inouï des territoires toujours plus variés, de la ballade pastorale au hip-pop en passant par la pop. La superbe reprise de By this river de Brian Eno par Serafina Steer à la harpe accompagnée d'un simple bruitage de Buck 65 mimant le vent passant dans des feuilles est d'une beauté à couper le souffle.

«Une soirée cauchemardesque»

Au parcs des expos, qui a vu passer près de trente mille personnes en trois jours, c'est moins la tête qui parle que les jambes. Pas moins de neuf artistes électro sont programmés entre minuit et sept heures, et quasiment autant d'approches différentes. Là, où Gregg Gillis alias Girl Talk compose son set à partir d'extraits de chansons recomposés pour l'occasion façon 2 Many DJ's, Dan Deacon passe sa voix au vocoder, travaille directement à partir des sons de ses machines.


Beardy Man, accompagné d'un spécialiste des platines, enregistre, lui, des bouts de phrases du public pour les intégrer ensuite dans ses morceaux quand Yuksek ajoute ses propres paroles à son mix jubilatoire. Et les DJ connaissent des fortunes bien diverses. Si le public de Girl Talk envahit la scène pour participer à la fête, Dan Deacon vit, de ses propres mots, «une soirée cauchemardesque» à cause de problèmes techniques et de coupures de courant à répétition.

Avec Boys Noize, pas de répit

Heureusement, les deux artistes que tout le monde attendait n'ont pas vécu la même mésaventure. Les Simian Mobile Disco tournent autour de leurs grandes machines placées au centre de la scène pour offrir les morceaux de leur premier album. Ses versions longues prennent la forme de montagnes russes, alternant lentes plages acides et déflagrations de sons compressés. Après un début de set un peu lent, It's the Beat met rapidement tout le monde d'accord.


Mais les deux Anglais se sont ensuite fait voler la vedette par Boys Noize. Peu de variations de rythmes chez ce jeune Allemand de 24 ans dont le son est souvent rapproché de celui de Justice,en plus gars et plus sauvage. Lui ne laisse aucun répit au public qui sort ébahi d'un set de plus d'une heure et demie d'une rare fureur.