Stockhausen, fin d'une série

DISPARITION Le compositeur allemand est mort...

Alice Antheaume

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Son nom est compliqué. Pourtant, tous les musiciens le connaissent, y compris les Beatles qui avaient mis sa tête sur la pochette de l'album Sergent's Pepper. Karlheinz Stockhausen est mort mercredi, à l'âge de 79 ans, en Allemagne.

Ce compositeur allemand, figure de proue de la musique contemporaine, orphelin après la seconde guerre mondiale, a notamment fait ses gammes à Paris aux côtés d’Olivier Messian et de Pierre Boulez. Des gammes décomposées, recomposées, établies selon des structures presque mathématiques, comme le veut la musique sérielle.

Puis il a flirté avec la musique électronique en la mélangeant avec des instruments acoustiques. Le résultat, souvent «barré» et difficile d’accès pour les novices, est en fait prodigieusement construit malgré les apparences. Car la spatialisation du son, ses résonnances et ses échos, voilà ce qui a passionné, toute sa vie durant, Stockhausen. Il a même poussé l'expérience jusqu'à créer un quatuor à cordes dont chaque membre (violon 1, violon 2, alto et violoncelle) est embarqué dans un hélicoptère différent.




Auteur prolifique (près de 362 œuvres à son actif), il reste connu pour Klavierstücke, une pièce pour piano où il applique le principe de la musique aléatoire. Sauf que le hasard sert ici à la démultiplication des sons. En effet, sur une feuille sont placées 19 cellules musicales de façon irrégulière. L'interprète en choisi une au hasard, par laquelle il commence, et ainsi de suite, selon des indications précises de tempo, de nuance et d'attaque. De cette façon la pièce sera jouée d'une infinité de manières.

Le compositeur sera inhumé au cimetière de la petite commune de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.