Heureux qui comme Alela a fait un bel album

Benjamin Chapon - ©2007 20 minutes

— 

Alela Diane signe avec The Pirate's Gospel, l'album le plus entêtant de ces derniers mois. Ses chansons folks rudimentaires ont la grâce des fragiles alliages guitare-voix et sonnent comme les complaintes de vieux baroudeurs. De fait, deux voyages initiatiques, presque caricaturaux, sont à l'origine du premier album de cette américaine de 24 ans. Un voyage de trois semaines en Europe d'abord. « C'était la première fois que j'étais éloignée de mes parents, confie Alela Diane. Je me suis retrouvée à Paris et à Londres, un peu perdue. Je n'ai jamais été habituée aux grandes villes. Pendant ce voyage très solitaire, j'ai beaucoup marché et j'ai réalisé que je ne faisais pas ce que je voulais vraiment dans ma vie. J'ai décidé de composer des chansons. »

Fille de musiciens hippies, la jeune Alela a grandi à l'écart des musiques « modernes ». A son retour d'Europe, elle compose donc dans la plus pure tradition folk. Deuxième voyage : « un trip camping dans les bois avec des potes, près d'un lac, avec un feu et des guitares ». Elle en revient « très sale » et avec le désir d'enregistrer sa musique. Un été (2004) dans le studio de papa à Nevada City, et l'album sort. Elle écume les salles du Pacifique à l'Atlantique et revient aujourd'hui en Europe présenter cet album né il y a trois ans. Son concert parisien du 14 décembre est déjà complet. Elle reviendra en mars*, et il ne faudra pas la louper. Cette fille marche vite.