Quelle ville sera la capitale européenne de la culture?

CONCOURS Huit candidatures française se disputent le titre pour 2013...

B. Chapon

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Qui succédera à Lille ? En 2013, la France accueillera à nouveau la capitale européenne de la culture. Mais depuis 2004, le système de désignation a changé. « Il y a désormais une compétition entre les villes », explique Clara Nieden, du ministère de la Culture. A partir de demain seront étudiés les dossiers des huits villes candidates : Amiens, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Saint-Etienne, Strasbourg et Toulouse. Après une première phase éliminatoire, les candidates rescapées présenteront un dossier réactualisé avant l'automne 2008, pour une désignation finale début 2009. Autre nouveauté de cette désignation-marathon : le jury. Sur les treize membres, sept sont désignés par la Commission européenne et six par le ministère de la Culture. « Le choix n'a donc plus rien de politique », note Clara Nieden. Pourtant, les 1,5 million d'euros de subventions promis au vainqueur (à quoi s'ajoute une enveloppe flottante du ministère de la Culture) aiguise les appétits. Depuis la création du label en 1985, les « capitales » ont connu des réussites diverses. De simple décoration honorifique, le titre est devenu un tremplin et un prétexte au développement des lauréates. En 2004, Lille, qui fut un succès économique après les semi-échecs de Porto (Portugal, 2001), Bruges (Belgique, 2002) et Graz (Autriche, 2003), aura attiré 9 millions de visiteurs à ses manifestations. La ville a surtout su capitaliser sur ce succès en pérennisant certains nouveaux lieux (le Tri postal) et événements culturels (la biennale Lille 3000). Liverpool, qui succède en 2008 à Luxembourg, a pris prétexte de sa désignation pour rénover son port, désormais accessible aux plus gros paquebots de croisière. La désignation d'Istanbul pour 2010 aura, elle, un impact psychologique, l'année même où sera examinée l'accession de la Turquie à l'Union européenne.