Paris International Fantastic Film Festival: Le genre se porte bien, la preuve en cinq films

BOUH Le PIFFF pose ses valises et ses bobines du 6 au 11 décembre au cinéma Max Linder à Paris...

Vincent Julé

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Affiche de la 6ème édition du PIFFF du 6 au 11 décembre à Paris
Affiche de la 6ème édition du PIFFF du 6 au 11 décembre à Paris — Nicolas Pouvesle / Dark star

Pour la sixième année consécutive, les amateurs de salles obscures et de sueurs froides ont rendez-vous au Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF). Après le Gaumont Opéra et le Grand Rex, le festival pose ses bobines du 6 au 11 décembre au Max Linder Panorama dans le 9e arrondissement. Toujours organisée en partenariat avec le magazine Mad Movies, cette nouvelle édition permet de (re) découvrir sur l’un des plus grands écrans de la capitale plusieurs classiques du genre : La fiancée de Frankenstein, Prince des ténèbres, Twin Peaks : Fire walk with me ou Opera, en présence de son réalisateur, le « master of giallo » Dario Argento. Faut-il voir dans cette programmation culte particulièrement soignée une réponse à une production actuelle moribonde ? Certainement pas, répond l’organisateur du festival.

« Nous avons vu 200 films, de tous les pays confondus, commente Cyril Despontin, délégué général du PIFFF. Donc la production existe, même s’il y a pas mal de tentatives ratées, ou fauchées. Quant aux Conjuring, Ouija et autre American Nightmare, ils n’ont pas besoin de nous pour atterir dans les multiplexes. » Le PIFFF choisit ainsi la voie du milieu, de la découverte, de la curiosité, et souvent du premier film. Cyril Despontin a sélectionné pour 20 Minutes cinq films et preuves de la vitalité du cinéma de genre.

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Grave

«Grave s’attaque à un thème bien connu de l’horreur, le cannibalisme, mais il le fait avec une vraie originalité, et un autre point de vue. Un point de vue féminin, des deux côtés de la caméra avec la réalisatrice Julia Ducournau et l’actrice Garance Marillier. De plus, l’action se déroule dans un univers particulier, une école vétérinaire. C’est un peu la rencontre entre La crème de la crème et le cinéma organique de David Cronenberg. Et depuis quand avez-vous vu un bon film de genre français au cinéma ? »

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Prevenge

« Encore un film de femme. Prevenge est la première réalisation de la comédienne Alice Lowe, croisée dans Touristes de Ben Wheatley. Le pitch rappelle celui de Baby Blood, le premier film gore français dans les années 80 : une femme enceinte se met à tuer sur les conseils de son fœtus ! C’est beau, c’est drôle, c’est noir, et Alice Lowe crève, encore une fois, l’écran. »

Sam was here

« Tourné par un Français à Los Angeles en 12 jours, Sam was here est un premier film très curieux, très prometteur. Un représentant, une voiture, une panne, le désert californien… et la musique électro du duo Christine, très inspiré par John Carpenter. »

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The Mermaid

« Tout simplement le plus gros succès de tous les temps pour un film local en Chine. Réalisé par Stephen Show, à qui l’on doit Shaolin Soccer et Crazy Kung Fu, The Mermaid ne sortira malheureusement pas en France, le PIFFF est donc la seule occasion de le voir sur gran écran, qui plus est en 3D. Le cinéaste mélange une nouvelle fois les genres avec l’histoire d’une sirène envoyée par les siens pour tuer un promoteur immobilier qui menace leur écosystème. Bien sûr elle tombe amoureuse de lui, et c’est parti pour une fable à la fois fantastique, comique, romantique et écolo. »

Safe Neighborhood

« En provenance d’Australie, Safe Neighborhood revisite un sous-genre très en vogue, le home invasion, avec un enfant et sa babysitter confrontés un soir de Noël à des intrus. Mais en fait c’est pas ça. Je peux pas en révéler trop, mais c’est très méchant, très malin, très drôle, entre Maman, j’ai raté l’avion, bien sûr, et Scream ou You’re Next. Le film donne vraiment la patate, un choix idéal pour clôturer le festival. »