«Dalida»: On était à l'avant-première à l'UGC Bercy (et pas à l'Olympia)

CINÉMA L'avant-première officielle du biopic consacré à la chanteuse et réalisé par Lisa Azuelos a eu lieu mercredi soir à l'Olympia et le film était projeté simultanément dans 200 autres salles de France et de Belgique...

Fabien Randanne

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Lisa Azuelos, réalisatrice de «Dalida», entourée des acteurs Sveva Alviti (qui incarne la chanteuse) et Nicolas Duvauchelle (qui joue Richard Chanfray), lors de l'avant-première du film à l'Olympia, le 30 novembre 2016. HENRI COLLOT/SIPA
Lisa Azuelos, réalisatrice de «Dalida», entourée des acteurs Sveva Alviti (qui incarne la chanteuse) et Nicolas Duvauchelle (qui joue Richard Chanfray), lors de l'avant-première du film à l'Olympia, le 30 novembre 2016. HENRI COLLOT/SIPA — SIPA

« Oh la la, c’est Hervé Vilard là ? Ben dis donc, il a pris un coup de vieux… » L’interprète de Capri c’est fini vient d’être rhabillé pour l’hiver par une spectatrice de l’UGC Ciné-cité Bercy. Dans cette salle parisienne, comme dans quelque 220 autres de France et de Belgique ce mercredi soir, ça dézingue, façon commentaires audio en direct, les happy few qui se pressent sur le tapis rouge de l’Olympia pour l’avant-première de Dalida.

Pathé, qui coproduit et distribue le biopic, a voulu créer l’événement. En plus de découvrir le film de Lisa Azuelos plus d’un mois avant sa sortie (le 11 janvier), le modeste grand public peut suivre sur grand écran le défilé des VIP se glissant dans la mythique salle du boulevard des Capucines. Si ça fait peut-être rêver les amateurs des rubriques mondaines des journaux people vivant par procuration les soirées parisiennes, ça donne surtout l’impression de suivre les prémisses d’une fête à laquelle on n’a pas été conviée.

« C’est pas Emmanuelle Béart ? »

Mais pour peu qu’on laisse traîner ses oreilles dans la salle de cinéma, on se marre bien. « C’est pas Emmanuelle Béart ? J’ai un doute, avec la chirurgie esthétique on sait plus à quoi elle ressemble », balance innocemment une jeune spectatrice à sa voisine, à l’arrivée d’une star non identifiée (et qui le restera).

En revanche, on reconnaît aisément Indra, Max Guazzini, Béatrice – Cœur de Pirate – Martin, Stéphane Bern, Line Renaud, Nicoletta ou encore Fauve Hautot et Katrina Patchett de Danse avec les stars… La plupart d’entre eux sont passés à la question par Nikos Aliagas qui fait le lien entre les deux côtés de l’écran. « Je suis très content d’être connecté à vous. Vous pouvez tweeter ce qu’il se passe ce soir avec le hashtag #DalidaLeFilm et je vous retweeterai », s’emballe l’animateur dans son micro Europe 1 – la radio est partenaire du film.

Les spectateurs le prennent au mot et une sélection de selfies postés depuis Toulouse, Lyon ou Aix-en Provence commence à défiler dans un coin du grand écran…

 

Les visages souriants ont tous les âges. « Dalida a traversé les générations. Quand des jeunes m’en parlent, ils lui reconnaissent des qualités que je lui reconnais, ça me touche beaucoup », se réjouit Bertrand Delanoë, sur le tapis rouge. « Il doit être fan », suppose un quinquagénaire de l’UGC Bercy ignorant visiblement que l’ex-maire de Paris était un ami proche de la chanteuse.

Yeux rougis

Un peu avant 20 h, une inconnue fait son apparition sur l’écran. Sa crinière blonde lève rapidement les points d’interrogations. C’est sous ses traits que Dalida ressuscite pendant deux heures.Son nom, Sveva Alviti, ne tardera pas à être plus familier du public. « J’ai fait passer un casting en filmant les comédiennes en gros plan sur Je suis malade. Il n’y a qu’avec elle que ça a été incroyable », confie Lisa Azuelos au micro de Nikos Aliagas. « Pour moi, c’est un rêve d’être dans la deuxième maison de Dalida ce soir », glisse l’actrice italienne, rappelant que la chanteuse détient le record de passages à l’Olympia.

De Paris à Marseille, l’obscurité totale investit les salles de cinéma une poignée de minutes plus tard. Dalida, le film, commence. Un biopic façon puzzle qui défie la chronologie pour retracer la gloire et les drames de l’artiste. Une vie racontée au rythme des tubes d’une star dont on commémorera l’an prochain les 30 ans de la disparition. Si certains écueils du genre (scènes illustratives, cabotinage et inventaire Wikipédia) ne sont pas évités, l’émotion affleure lorsque sont évoqués les épisodes les plus tragiques de l’existence de Dalida. En témoignent les yeux rougis regardant le générique final défiler. Pendant que certains sèchent leurs larmes, d’autres dégainent leurs smartphones pour partager à chaud tacles et éloges.

Et pendant que la salle 33 de l’UGC Bercy se vidait peu à peu, à l’Olympia, tout s’est fini par une ovation debout.