Winshluss: «Il fallait que le livre se termine bien, c'est mon fils qui me l'a demandé»

PEPITE D'OR Signé Winshluss, « Dans la forêt sombre et mystérieuse » remporte la Pépite d’or 2016 du Salon du livre de jeunesse de Montreuil…

Stéphane Leblanc

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Winshluss le 30 novembre 2016 au salon du Livre jeunesse de Montreuil
Winshluss le 30 novembre 2016 au salon du Livre jeunesse de Montreuil — S.LEBLANC / 20MINUTES

Le deal, c’était « que Dans la forêt sombre et mystérieuse se termine bien », prévient d’emblée Winshluss. Caprice d’éditeur jeunesse ? « Non, c’est mon fils qui me l’a demandé, parce que les livres qu’il lit à son âge (7 ans) se terminent toujours bien. » Winshluss, qui vient de remporter la Pépite d’or 2016 du Salon du livre de jeunesse de Montreuil (Seine-Saint-Denis) le concède bien volontiers : « En général, mes livres se terminent mal. » On se souvient de Pinocchio (Les Requins Marteaux), meilleur album du Festival d’Angoulême 2009, qui reste comme un des grands chefs-d’œuvre de la BD francophone de ces dernières années…

Dans le cas présent, on a affaire à un petit gars à lunettes curieux de tout, coincé entre un grand frère ado « complètement débile » et une petite sœur qui est « un bébé ». Appelés au chevet de sa Mémé, ses parents et leurs trois enfants partent en urgence, mais oublient Angelo sur une aire d’autoroute.

N’écoutant que son courage, le garçonnet qui se voit comme « un scientifique et un aventurier » décide de couper à travers bois alors que la nuit tombe et se perd dans la fameuse « forêt sombre et mystérieuse » du titre, où il suit une luciole obèse, tombe sur une fourmilière hostile, croise un écureuil qui se prend pour un oiseau, un ogre peu commode et une drôle de créature géante qui fait « Goouh » et lui sauvera la vie (et celle de Mémé par la même occasion). Un récit BD drôle, optimiste, riche en mésaventures et en rebondissements… Qui mérite bien son prix.

« Je pensais repartir pour aller bosser »

« Je suis un peu décontenancé, concède-t-il. Parce que c’est ma première incursion dans la BD jeunesse. Je ne suis pas un spécialiste. Je pensais assister à la remise des prix et puis repartir aussitôt pour aller bosser. » Mais il n’a pas pu, happé par la presse et le public, avides de lui oser mille et une questions. Sur son album...

Et sur son inspiration. « J’avais le projet d’un livre extrêmement référencé, explique-t-il, puisant dans les contes comme Blanche neige ou Barbe bleue, du moins les souvenirs défaillants que j’en ai, mais aussi dans le golem et, parce que j’adore Miyazaki, dans l’esprit de la forêt tel qu’on le trouve dans Mon Voisin Totoro. »

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Cette Pépite d’or que Winshluss n’avait pas prévu de remporter, « c’est la récompense suprême d’un palmarès profondément remanié », rappelle Sylvie Vassallo, la directrice du Salon. Adieu, les prix attribués par catégories de livres (album, BD, livre-disque…), bienvenue aux prix par tranches d’âges (petits, moyens, grands), tout format confondu… Et à ce petit jeu, le jury présidé par Véronique Ovaldé a couronné l’album Björn, six histoires d’ours de Delphine Perret (Les Fourmis rouges) comme Pépite des Petits ; le livre-disque Georgia : tous mes rêves chantent de Timothée de Fombelle et Benjamin Chaud (Gallimard Jeunesse) comme Pépite des Moyens; et la BD Totem de Nicolas Wouters et Mikaël Ross (Sarbacane) comme Pépite des Grands.

Des prix doublés par un jury de lecteurs de France Télévisions (partenaire historique du salon) qui a récompensé l’album Le Facteur de l’espace de Guillaume Perreault (la Pastèque) pour les petits, le roman Sauveurs & Fils t.1 de Marie-Aude Murail (L’Ecole des loisirs) pour les grands et, de nouveau, preuve que cettte BD a fait l’unanimité, Dans la forêt sombre et mystérieuse de Winshluss (Gallimard BD) pour les moyens.