«La musique de Kate Nash est légère et facile à écouter»

INTERVIEW Katie Melua, la nouvelle star de la pop anglaise sort son troisième album...

Propos recueillis par Benjamin Chapon

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Simon Fowler

Katie Melua, jeune chanteuse britannique de 23 ans, sort son troisième album, Pictures. Abonnée aux sommets des hit-parades depuis ses débuts précoces en 2004, elle a séduit ses fans avec un jazz soft langoureux. Charmante pour certains, insipide pour d’autres.

Vous avez décrit ce troisième album, Pictures, comme le dernier d’une trilogie. Faut-il s’attendre à un virage artistique pour le quatrième?
Je voudrais me renouveler un peu. Et pour cela, j’ai besoin de m’ouvrir à d’autres points de vue musicaux, d’autres propositions. Il ne s’agit pas de rompre avec mon style musical mais plutôt de le développer. Le changement a du bon.

Vous allez ainsi vous séparer de votre producteur-Pygmalion, Mike Batt…
On a écrit beaucoup de bêtises autour de ça. Mike et moi ne sommes pas fâchés, ni rien. Je lui dois énormément. Il a toujours voulu mon bien, il est donc parfaitement d’accord pour que je change d’équipe créative pour le prochain album.

Finalement, nous parlons plus de votre prochain album que de celui-ci…
Tout va trop vite. J’ai l’impression d’avoir fini cet album hier et tout le monde ne me parle que de la suite, c’est un peu fatiguant parfois.

Vous êtes fatiguée…

Non, non, ça va. Continuons…

Qu’est-ce qui a changé dans votre approche de la musique depuis ces dernières années où vous avez connu un succès planétaire?
Je joue mieux de la guitare…

Et du point de vue de la composition?

J’ai beaucoup voyagé et entendu des musiques variées. Dans cet album, j’ai voulu mettre de nouvelles choses, des rythmes reggae, des instruments tropicaux…

Les textes, eux, restent très orienté autour d’un thème : l’amour…
J’essaye de ne pas rester trop « sucre et miel ». L’amour est une chose complexe. Je chante aussi la mélancolie, la douleur.

Il y a aussi un peu d’humour dans la chanson Scary films.

Je suis comme toutes les jeunes filles de mon âge, les films d’horreur me font plutôt rire. Mes musiciens, eux, ça leur fait vraiment peur ces histoires de zombies…

De votre petite enfance en Géorgie (son pays natal) à votre adolescence en Russie puis en Angleterre, quelles musiques vous ont inspiré?
J’ai été bercée par la musique populaire géorgienne… Mais rassurez-vous, j’écoutais aussi Queen, Led Zeppelin, Mickael Jackson et aussi pas mal de heavy metal.

Je connais mal les standarts de la musique géorgienne mais on ne ressent pas trop l’influence du heavy metal dans votre musique…
Vous avez parlé de mon enfance… Mais ado, j’ai découvert des chanteurs comme Eva Cassidy ou Bob Dylan qui m’ont beaucoup inspirée. Finalement, ce sont les musiciens d’une autre génération que la mienne qui m’ont le mieux montré la voix musicale que je voulais suivre.

Vous vous sentez anachronique par rapport à d’autres artistes de votre âge comme Kate Nash?
Je ne la connais pas. Mais je ne déteste pas cette musique pop plus basée sur la production que sur l’écriture. Il faut de tout en musique, y compris des choses très légères, faciles à écouter et sur lesquels on peut danser ou chanter sans trop réfléchir.

Vous êtes jeune, jolie et vous avez du succès, mais on ne sait presque rien de votre vie privée. Vous êtes un cas à part.
Je suis jolie parce que je suis jeune… Je ne veux pas que mon succès vienne de ça. La célébrité ne m’intéresse pas.

Mais elle intéresse les tabloïds. Comment tenez-vous la presse people à l’écart de votre vie privée?

En interview, je ne parle que de ma musique, jamais de ma vie privée. Comme ça, les gens pensent que ma vie est très ennuyeuse et les tabloïds ne s’intéressent pas à moi…

Vous n’avez que 23 ans et avez déjà enregistré trois albums. Pouvez-vous imaginer faire autre chose que de la musique?

Je ne peux m’imaginer faire autre chose de ma vie… Peut-être que je produirai d’autres artistes un jour. Mais beaucoup plus tard.