Pourquoi Marion Cotillard ne mérite pas les tacles des «haters»

HUMOUR L’actrice, à l’affiche depuis ce mercredi du film « Alliés », est une star de l’autodérision…

Fabien Randanne

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Marion Cotillard dans le sketch «Forehaed Tittaes» du site Funny Or Die.
Marion Cotillard dans le sketch «Forehaed Tittaes» du site Funny Or Die. — Capture d'écran - Funny Or Die

En un peu plus de vingt ans de carrière, elle a glané un Oscar, un Golden Globe et deux César. Marion Cotillard a tourné sous la direction de Michael Mann, Jacques Audiard, Christopher Nolan, Jean Pierre Jeunet, Woody Allen, Ridley Scott ou des frères Dardenne. En plus de ça, Dior l’a choisie comme égérie et elle incarne à l’étranger une certaine idée de l’élégance française. Malgré tout cela – et peut-être à cause de tout cela – elle est aussi, avec Mélanie Laurent et Léa Seydoux, l’une des cibles préférées des « haters ». Certains moquent sa « mort » dans The Dark Knight Rises ou lui reprochent sa prétendue froideur. Pourtant, Marion Cotillard, à l’affiche depuis ce mercredi d’ Alliés, le nouveau film de Robert Zemeckis, ne manque ni d’autodérision, ni de recul sur elle-même. La preuve par quatre.

>> Lire aussi : L'interview de Marion Cotillard par «20 Minutes» a l'occasion de la sortie d'«Alliés»

  • « Elle est morte la maîtresse ! »

Elle n’était pas encore « La Môme » et, aux yeux du grand public, elle était surtout connue comme « la fille de Taxi ». En 2006, Marion Cotillard est au générique de Dikkenek, une comédie franco-belge qui ne trouve pas son public en salle (à peine 123.000 spectateurs) mais a gagné au fil des ans un statut culte.

Dans ce qui est l’une des scènes préférées des fans, l’actrice campe une institutrice barrée qui emmène ses élèves en visite au musée des accidents de la route. Une séquence à l’humour noir, parfois cruel, qui culmine avec un « Elle est mooooorte la maîtreeeeeesse ! » hurlé par une Cotillard surgissant d’une carcasse exposée, le visage maculé de faux sang. Comme le rappelle Dominique Choulant dans la biographie qu’il consacre à la comédienne*, elle n’est pourtant « pas convaincue par sa prestation ». En 2012, elle confie à Vogue Paris : « Je me trouve très mauvaise. J’en fais des tonnes, je cabotine, ça m’est insupportable à regarder. » Tout le monde ne partage pas son avis.

  • « Personne morte vraiment convaincante »

Marion Cotillard a inspiré un mème. Ce qui n’est pas forcément un titre de gloire. Mais la façon – ridicule, reconnaissons-le – dont son personnage meurt dans The Dark Knight Rises a inspiré une multitude de parodies et de moqueries plus ou moins sympathiques, le monde entier préférant blâmer son jeu d’actrice que s’étonner du choix du réalisateur de Christopher Nolan de conserver cette prise dans le montage final.

Marion Cotillard a préféré prendre le parti d’en rire. En janvier 2013, le Hasty Pudding de Harvard, club de théâtre de la célèbre université, l’élit Femme de l’année. Elle est allée chercher sa récompense, acceptant de jouer le jeu lors d’une cérémonie camp, entourée de drag-queens et de comédiens amateurs.

Marion Cotillard a feint de trépasser, non sans exagération, sous les applaudissements d’un public conquis. Et dans un semblant de concours de dessin avec Picasso et Dali, elle s’est caricaturée grossièrement en tant que « Really good dead person » (« Personne morte vraiment convaincante »).

  • « Forehad Tittaes, by Janae »

Visage glamour prisé des magazines de papier glacé et égérie Dior dans le monde entier, Marion Cotillard a accepté, non sans une certaine audace, de se prêter à un sketch de l’équipe de Funny or Die.

Dans une parodie de publicité, elle y joue son propre rôle d’actrice internationale vantant les Forehaed Tittaes, autrement dit « les tétons frontaux », censés inciter « les hommes à vous regarder dans les yeux ». Une performance culottée en forme de tacle au sexisme et à l’objectification des femmes : la vidéo est mise en ligne lors de la Journée internationale des Droits des femmes.

  • « J’suis comme ton putain de front : j’ai un grain »

L’an passé, Marion Cotillard a démontré qu’elle pouvait aussi tordre le cou aux préjugés dans son pays natal. Sur l’invitation de Pierre Niney, elle a joué dans un épisode de Casting, une pastille humoristique diffusée alors sur Canal +.

Elle se retrouve dans une battle de rap, absolument pas ménagée par Orlesan (« J’ai pas les effets spéciaux d’Audiard [dans De rouille et d’os de Jacques Audiard, elle incarne une infirme], mais j’te baise et tu sens plus tes jambes. (…) La chose la moins crédible que ton rap, c’est ta mort dans Batman ») ni Nekfeu (« J’suis comme ton putain de front : j’ai un grain »). Feignant d’être sous le choc, elle déploie à la fin de la séquence son flow (pas mauvais) de rappeuse. Qui a dit que « La » Cotillard se prenait au sérieux ?

* Marion Cotillard - Biographie, de Dominique Choulant (L’entre-temps, Max Milo). Sortie le 24 novembre.