Le photographe David Hamilton à Saint-Tropez en septembre 2006
Le photographe David Hamilton à Saint-Tropez en septembre 2006 — MAVILA/SIPA

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VIDEO. Qui est David Hamilton, le photographe de 83 ans accusé de viol?

Après les révélations de Flavie Flament, de nouvelles accusations visent désormais le célèbre photographe des années 1970…

Il y a quelques semaines, Flavie Flament dévoilait dans son livre La Consolation, avoir été violée par un célèbre photographe lorsqu’elle avait 13 ans. Si l’animatrice ne révélait aucunement l’identité de son violeur, très vite, le nom de David Hamilton avait été cité.

Ce mercredi, L’Obs publie un article mettant directement en cause le photographe, accusé par deux femmes pour des faits similaires ayant eu lieu dans les années 1980. Des propos que le photographe n’a pas voulu commenter auprès de L’Obs. Mais qui est David Hamilton, reconnu pour son œuvre photographique et son célèbre « flou hamiltonien » ?

>> A lire aussi: Flavie Flament: Des révélations dans «L’Obs» mettent en cause David Hamilton

Un goût prononcé pour les jeunes filles

David Hamilton est né à Londres en 1933. Après la guerre, il travaille pour un bureau d’architecte, puis déménage à Paris après s’être fait repérer par l’artiste Peter Knapp qui le fait entrer au magazine Elle. C’est à la fin des années 1960, après diverses expériences en tant que directeur artistique pour des magazines ou encore pour les grands magasins du Printemps, que sa carrière artistique décolle.

Son sujet de prédilection ? Les très jeunes femmes. Dès lors, il ne cessera d’immortaliser sur papier glacé des adolescentes aux poses lascives, indolentes, et bien souvent dénudées. « Les femmes, ce n’est pas mon rayon. Je préfère les jeunes filles, 16 ans maximum », déclarait-il au quotidien suisse Le Temps en mai 2015.

En plus de 40 ans de carrière, il publie 16 ouvrages de photographies (vendus au total à 1.7 million d’exemplaires), réalise cinq films, et s’expose à travers le monde.

L'actrice Anja Schute dans le film «Premiers désirs» réalisé par David Hamilton
L'actrice Anja Schute dans le film «Premiers désirs» réalisé par David Hamilton - NANA PRODUCTIONS/SIPA

Le « flou hamiltonien »

Au-delà de son goût prononcé pour les modèles adolescents, David Hamilton est mondialement connu pour sa signature, le « flou hamiltonien », autrement appelé « lumière hamiltonienne ». Un travail artistique facilement reconnaissable par son esthétique éthérée, ses images craquelées et floutées, son univers cotonneux, comme passé de temps.

Une œuvre qui a également provoqué de nombreuses controverses, taxée parfois de pornographie infantile. Comme le relate le site du Temps, le photographe y voit un changement d’époque et de mœurs. « De toute façon, tout est tabouisé. La nudité n’est plus acceptée. C’est la presse qui a changé ça », expliquait-il.

« Je suis particulièrement indigné »

Ce mercredi,L’Obs a dévoilé des témoignages accablants visant David Hamilton. Des histoires de séances photo et d’abus similaires au précédent récit de Flavie Flament. En 1997, une victime a même déposé une plainte, classée sans suite. Devant verser « 30.000 francs de consignation » à la justice, la femme, constituée partie civile, a alors renoncé.

Si David Hamilton n’a pas souhaité commenter cet article, il est néanmoins sorti du silence concernant les révélations de Flavie Flament (qui rappelons-le, n’a jamais cité le nom du photographe). « Je suis particulièrement indigné par l’absence totale de respect de ma présomption d’innocence et par la volonté à peine dissimulée de certains de s’ériger en juges ou procureurs de la rumeur, si prompts à jeter les pires suspicions à mon égard, sans ne rien chercher d’autre que le scandale, afin de poursuivre leurs noirs desseins », a-t-il expliqué à un site belge.

« Je me réserve le droit le plus absolu de diligenter, en temps voulu, toutes les actions utiles et nécessaires à la défense de mon honneur et de ma réputation, ainsi qu’au respect de la déontologie journalistique la plus élémentaire. Je ne commenterai pas plus amplement les comportements criminels qui me sont imputés par certains et desquels je n’ai jamais été l’auteur », conclut-il.