Le 13 novembre, un an après: A Paris, le street art garde un rôle commémoratif

GRAFFITI Les oeuvres de street art s'étaient multipliées après les attentats...

Coralie Lemke
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Le Fluctuat nec mergitur de la place Poulmarch a été recouvert.
Le Fluctuat nec mergitur de la place Poulmarch a été recouvert. — C. LEMKE/20MINUTES

La place de la République est propre. La palissade sur laquelle était tagué « Paris je t’aime » a disparu. Le « Fluctuat nec mergitur » de la place Poulmarch a été remplacé par des affiches et des graffitis. Rue Alibert, la Liberté guidant le peuple a été recouverte. Les œuvres emblématiques du quartier, qui avaient ému les riverains il y a un an, au lendemain des attentats de Novembre, n’existent plus aujourd’hui.

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Mais le street art garde un rôle commémoratif. Le « Fluctuat nec mergitur », devise de Paris qui signifie en latin « il est battu par les flots mais ne vacille pas », va être remis à l’honneur par la Grim Team . C’est ce collectif qui l’avait imaginé il y a un an. « Nous étions spontanément venus taguer ça très sobrement, en noir et blanc, le lendemain des attentats. Cette année, la mairie de Paris a eu envie de nous remercier et nous a proposé d’en refaire un, mais dans un esprit plus gai cette fois ci, avec plus de couleurs », raconte Marc-Aurèle Vecchione, membre du collectif.

Un nouveau Fluctuat nec mergitur

L’idée est honorer la mémoire des victimes, en insistant sur l’espoir. La mairie de Paris l’admet, « le street art est un mode d’expression qui a favorisé la cohésion sociale. » Elle avait déjà demandé au collectif Grim Team de rénover le Fluctuat nec mergitur situé sur les palissades de la place de la République à l’occasion de la venue du président François Hollande, le 14 janvier, lors de la commémoration pour les victimes des attentats.

Ces palissades avaient suscité un engouement sans précédent, aussi bien chez les street artistes que chez les simples citoyens. « Tout le monde pouvait venir avec un marqueur ou des aérosols pour écrire ou dessiner ce qui leur plaisait. Les palissades ont changé tous les jours. Ça a vraiment fait du bien aux gens », se souvient le graffeur Jo Di Bona. « Si les murs ont pris autant de place aux yeux des riverains, c’est peut-être parce-que les Parisiens n’ont pas pu organiser de marche en raison de l’état d’urgence. Ils ont eu besoin de se mobilier autrement. » Ces palissades, qui ont servi lors de la rénovation du café situé au milieu de la place de la République, ont été démontées au printemps 2016.

S’exprimer comme on peut

Contactée par 20 Minutes, la mairie de Paris admet ne pas avoir mis à disposition d’espaces ou de murs pour s’exprimer. « On n’a pas vu plus de street art que d’habitude. Pourtant, je trouve que dans le quartier, les artistes font de jolies choses, même quand c’est sur ma porte d’entrée », raconte Marianne, une habitante du dixième arrondissement.

Rue Alibert, un tag sobre invite les riverains à embellir leur quartier.
Rue Alibert, un tag sobre invite les riverains à embellir leur quartier. - C. LEMKE/20MINUTES

Rue Alibert, en face du Petit Cambodge, une sobre inscription en lettres capitales noires invite les passants à « attacher des ballons » pour faire de cet anniversaire « une fête ». « Le street art appartient à tous. Il faut qu’il continue à se développer », soutient le graffeur Joris Delacour, qui était venu taguer les palissades de République. Pour égayer leur quartier, les habitants du coin devront occuper l’espace public, légalement ou non.