Que nous prépare Facebook pour les 10 ans à venir?

WEB SUMMIT Au Web Summit qui se tient à Lisbonne jusqu’au 10 novembre, Facebook a présenté ses dernières avancées sur les terrains de la connectivité, de l'AI et de la réalité virtuelle... 

Annabelle Laurent

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Un ordinateur d'une époque préhistorique au Web Summit 2016, à Lisbonne. Sur scène: Mike Schroepfer, CTO de Facebook.
Un ordinateur d'une époque préhistorique au Web Summit 2016, à Lisbonne. Sur scène: Mike Schroepfer, CTO de Facebook. — AL

Au Web Summit, à Lisbonne,

Où en sera Facebook en 2026 ? Combien d’utilisateurs aura-t-il ajouté à son milliard actuel, combien en aura-t-il perdu, lassés de sa mainmise sur nos données et sur nos vies ? « Si d’ailleurs Facebook existe toujours… », glissait notre voisin mardi dans le public duWeb Summit, à l’arrivée sur scène de Mike Schroepfer, son directeur des technologies (CTO). En sujet d’ouverture de la conférence européenne, la plus grande dédiée à l’innovation (50.000 personnes) : les défis que Facebook souhaite relever pour les dix ans à venir. Et surtout leurs avancées depuis la grande conférence F8 d’avril.

Connecter le monde (sans faire exploser de satellites)

La connectivité obsède Mark Zuckerberg depuis des années. Objectif : rendre Internet accessible aux « 4.1 milliards de personnes qui n’y ont toujours pas accès ». Un tel pari « n’arrive pas sans échecs, insiste Mike Schroepfer… Et voici à quoi ça ressemble, un échec ». Sur l’écran, l’image spectaculaire que la totalité de l’assistance a vue le 1er septembre dernier, peut-être via Mark Zuckerberg qui l’avait aussitôt relayé : l’ explosion de la fusée Falcon 9 de SpaceX et du satellite Amos-6 (à 200 millions de dollars) qui devait permettre de connecter l’Afrique subsaharienne.
« Bon… c’est un peu la poisse », ironise Mike Schroepfer, qui bascule rapidement sur les « progrès » des deux autres solutions : Aquila, le drone qui permet d’apporter Internet dans les régions périurbaines, et Aeries, le projet de connectivité via WiFi pensé pour les villes et actuellement testé « sur le campus Facebook et bientôt à San José ». Rappelons que sur le sujet, Facebook avance en concurrence avec Google, qui mise de son côté sur les ballons stratosphériques de son projet Loon.

Apprendre à l’AI à être intelligente

Deuxième défi, l’intelligence artificielle. Soit LE sujet qui monopolise l’attention en 2016 et a fortiori au Web Summit. Son intérêt pour Facebook ? Mike Schroepfer n’évoque ici ni les nombreux bots qui veulent nous parler sur Messenger depuis avril, ni, bien sûr, les fameux algorithmes qui régissent nos fils d’actualité ou les polémiques Trending Topics. Il insiste sur les progrès en reconnaissance automatique d’image et cite les « travaux pionniers en la matière » de Yann LeCun, le Français nommé à la tête du labo d’intelligence artificielle ouvert à Paris en juin 2015. Illustration en image, des progrès réalisés de 2013 à 2016 :

L’intelligence artificielle peut deviner, avec de plus en plus de détails, qui figure sur la photo, et pourquoi. Bonne nouvelle car « si vous faites partie des millions de personnes malvoyantes dans le monde, vous pouvez désormais participer pleinement à Facebook », commente Mike Schroepfer. Sans évoquer les autres applications de cette reconnaissance d’image et les éventuels enjeux de confidentialité et de vie privée liés. Là encore, pour mieux montrer les progrès, insister sur les échecs : l’outil de reconnaissance visuelle entraîné sur des millions d’exemples (2 milliards de photos sont partagées chaque jour) décrit pour l’instant une photo d’un avion en train de s’écraser comme celle d'« un avion garé sur le tarmac ». « L’AI doit apprendre à être réellement intelligente : nous sommes face à ses limites actuelles ».

Facebook présente en revanche avec fierté les progrès de ces derniers mois sur « Style Transfer », une application qui permet d’apposer des filtres vidéo… en direct. L’une des avancées les plus notables de Facebook sur l’AI.

Rendre la VR accessible

Dernier défi, celui de rendre la réalité virtuelle « moins chère et plus accessible ». La réalité virtuelle n’est pas que ludique, insiste Mike Schroepfer, qui montre les images du projet Walk Again qui a aidé des paraplégiques à réapprendre à marcher.

Et elle n’est pas que solitaire : c’est ce que veut montrer Zuckerberg avec la « réalité virtuelle sociale » dont il a fait la démonstration début octobre lors de l’Oculus Connect. Une réalité virtuelle qui permet « de parler aux avatars de ses proches et d’interagir avec eux peu importe où ils se trouvent », conclut Mike Schroepfer en laissant le public admirer une « photo de Mark, sa femme et leur chien : un petit selfie sympa en réalité virtuelle »…