Dorothée Gilbert, nouvelle danseuse étoile de l'Opéra de Paris

DANSE Le sacre pour la Toulousaine de 23 ans...

Alice Antheaume

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Dorothée Gilbert, nouvelle danseuse étoile de l'Opéra de Paris
Dorothée Gilbert, nouvelle danseuse étoile de l'Opéra de Paris — DR

Une nouvelle étoile à l’Opéra. Dorothée Gilbert, 23 ans, vient d’être sacrée danseuse étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris.

Profil de reine grecque, grande bouche et regard indolent, la danseuse, originaire de Toulouse, a gravi les différents échelons de l’Opéra national de Paris. Engagée dans le corps de ballet en septembre 2000, elle est promue «coryphée» en 2002, puis «sujet» en 2003 et «Première danseuse» en 2005, à l’issue des concours de l’opéra qui se tiennent chaque année en décembre. Son envie de danser, Dorothée Gilbert la dit «innée»: «Lorsque j’étais petite et que ma mère se mettait au piano, il fallait que je bouge systématiquement sur les musiques qu’elle interprétait.»
Au moment où Gérard Mortier, le directeur de l’opéra, lui a annoncé la nouvelle, lundi soir, elle venait d’interpréter pour la première fois le rôle de Clara dans «Casse-Noisette», un ballet de Rudolf Noureev.

L'aboutissement
Devenir étoile, c’est le Saint-Graal pour une danseuse ou un danseur. Parmi un collège de 154 danseurs permanents, l’opéra compte 18 étoiles (dix hommes et huit femmes). Un chiffre qui peut varier entre 16 et 20 en fonction des années.

Comment passe-t-on de «première danseuse» à «danseuse étoile»? «Devenir étoile ne se fait pas sur concours mais par nomination du directeur sur proposition de Brigitte Lefèvre, la directrice de la danse, explique-t-on à l’Opéra. On n’est plus dans la compétition comme c’était le cas pour les postes que Dorothée Gilbert a occupé précédemment («coryphée», «sujet» et «première danseuse», ndlr). En fait, Brigitte Lefèvre a simplement dit «je pense que c’est le moment de…»

Il y a quelques mois, Dorothée Gilbert expliquait ne pas «courir après» ce titre. «On le devient ou pas. C’est une affaire de personnalité, d’aura.»
Lundi, la danseuse était à la fois surprise et émue, selon nos sources. Heureuse aussi, elle qui se réjouissait déjà de vivre à l’Opéra comme dans «une véritable île dorée». «On y pratique le classique autant que le contemporain et ce, avec les meilleurs maîtres dans chaque discipline. En plus, il faut savoir que l’on est embauché immédiatement en CDI jusqu’à 42 ans, l’âge de la retraite pour nous. Aucun corps de ballet au monde n’offre de pareilles conditions. De ce fait, toute notre énergie et notre attention peuvent se concentrer sur notre métier.»