Le prix (à payer) de la variété

B. C.

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2002, année de naissance du prix Constantin, marque aussi le début du déclin (- 51 %) des ventes de disques en France. Dans ce contexte de morosité, une foule de débutants voient leur carrière tuée dans l’œuf, tandis que d’autres essayent de résister. Dix de ces survivants se disputeront ce jeudi soir le prix Constantin, dont le duo électro Justice, la rappeuse Keny Arkana ou le chanteur Renan Luce. Le lauréat sera connu à l’issue d’un concert à l’Olympia, à Paris.

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Réservée aux artistes non titulaires d’un disque d’or (à partir de 75.000 albums vendus), cette récompense est censée révéler la vitalité de la scène musicale française. La liste des lauréats (de Mickey 3D à Cali en passant par Camille) mais aussi celle des nommés (Olivia Ruiz, Anaïs, Ridan, Emilie Simon, Dionysos…) dresse un panorama avantageux d'une production musicale française variée et audacieuse. Pour tenir son rôle de promoteur d'artistes émergents, le prix Constantin s'est construit une réputation d'anti-Victoire de la Musique: plus chaleureux, moins attendu. A charge au jury, seize «professionnels» du disque, de créer l'événement en livrant une liste de nominés hétéroclite puis en déjouant les pronostics, un peu à la manière du Mercury Prize britannique. L’an dernier, Abd Al Malik avait ainsi soufflé le prix à un autre slameur, Grand Corps Malade, déjà médiatiquement sur orbite…

Malgré cela, le jeune prix Consantin semble déjà tourner en rond. Florent Marchet, déjà nommé en 2004, est à nouveau sur la liste, aux côtés de Keren Ann et Kaolin, qui sont loin d’être des débutants.

Président
Rachid Taha, président du jury, fera la première partie du concert de ce jeudi soir, accompagné d'invités surprises choisis parmi les nommés des précédentes éditions.