Elodie Frégé: «Plus j’écris, plus l’étiquette de Star Ac se décolle»

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Elodie Frégé
Elodie Frégé — DR

Collants opaques noirs, escarpins vernis, robe vintage en dentelle et maquillage glacé: Elodie Frégé, 25 ans, a grandi depuis les tenues flashy de la Star Academy, l’émission qui l’a sacrée en 2003. Pourtant, dans la rue, on la confond encore avec Emma Daumas (candidate de la Star Ac en 2002). Plus rarement avec Chiara Mastroianni. «Mais là, je ne comprends pas pourquoi, s’étonne la chanteuse, même si j’aimerais beaucoup lui ressembler car je la trouve sublime. Sa beauté à l’ancienne dégage quelque chose que les autres actrices n’ont pas.» Plébiscitée par le même public qu’une Emma Daumas tout en aspirant à l’élitisme de Chiara Mastroianni: telle est toute l’ambiguïté d’Elodie Frégé, touchante de fragilité et de doutes. Même quand elle parle au téléphone, elle tient son appareil à deux mains, comme si elle craignait de le laisser échapper.

«Je suis encore débutante», glisse-t-elle face à son thé qu’elle a laissé refroidir. Pour tourner le dos à son image d’ex-star académicienne, elle s’est acoquinée avec Benjamin Biolay, qui a réalisé son dernier album, vendu à 80.000 exemplaires, et Catherine Breillat, incarnation du «cinéma d’auteur» à la française, qui a réalisé l’un de ses clips. «J’ai fait attention à choisir des gens dont l’environnement me touchait», explique Elodie Frégé. Sa conversion est bel et bien entamée. Interview.

Vous êtes en concert jusqu’au 17 novembre à La Nouvelle Eve, une salle parisienne. Stressée en attendant la scène?
Je suis angoissée de nature, mais là, je suis au summum de mon stress. Du coup, je me trouve moche et nulle, je n’ai plus faim et je fais un monde de tout, même de broutilles. Et puis, j’ai peur d’oublier les paroles, y compris celles que j’ai pourtant écrites moi-même. Car sur scène, je suis facilement déconcentrable, il faut encore que je travaille pour corriger ce défaut.

Comment s’est passée votre collaboration avec Benjamin Biolay?
Je l’ai rencontré dans les coulisses d’un concert de Florent Marchet, en 2005. Je pensais qu’il ne savait pas qui j’étais, mais non, il m’a dit qu’il m’avait vue à la télé. Après avoir écouté une de mes maquettes, il m’a confié que le titre «je sais jamais» l’avait charmé et qu’il trouvait que ma façon de jouer de la guitare était un atout. J’ai osé lui demander s’il voulait m’aider à réaliser l’album. Il a répondu: «je suis ok, on commence quand?». Ensuite, on a bossé dans un studio et c’était la première fois que je vivais une telle conception. Avant, je ne faisais que mettre ma voix sur des arrangements, je n’avais jamais été musicienne; là, j’ai vu naître chaque partie d’instrument. Avec Benjamin Biolay, il n’y avait pas de stress, on ne se disputait jamais. Il suffisait d’un regard pour qu’on se comprenne, car je crois qu’il y a une base de culture semblable entre nous, celle que nous ont donné nos parents, qui écoutaient Brassens, Barbara, Ferré et Gainsbourg.

L’étiquette Star Ac vous embarrasse-t-elle?
Parfois, oui, ça m’encombre. Parce que cela me donne des prédéfinitions qui me sont parfois dommageables. Manu Katché par exemple n’a même pas voulu écouter l’album en voyant mon nom. C’est primaire comme réaction, non? Heureusement, plus j’écris de chansons, plus cette étiquette se décolle.

Alors si vous êtes invitée sur le plateau de la Star Ac, vous n'irez pas?
Si, je pense que j’irais en décembre. Parce que c’est une formidable promotion et qu’il n’y presque aucune émission live en direct comme celle-ci depuis Guy Lux.

Dans vos chansons, vous parlez de fidélité. A titre personnel, qu’en pensez-vous?
Je suis assez défaitiste. La fidélité est une règle que l’on nous a inculquée, mais à la base, l’être humain est comme les animaux, il n’est pas fait pour passer toute sa vie avec une seule personne. Alors la fidélité, non, je n’y crois pas. Pourtant – et cela vous paraîtra paradoxal – l’idée de trouver mon âme sœur me ravirait. J’ai les mêmes contradictions envers le mariage: c’est se passer des menottes, et à la fois, c’est magnifique. En fait, je n’aime pas l’idée de faire des concessions, je préfère que l’amour soit spontané.

A écouter: son album «Le Jeu des 7 erreurs»
Concerts: voir ses dates ici.