«Battlefield1»: Un grand jeu de combat librement inspiré de la Grande Guerre

JEUX VIDEO Sombre, violent, réaliste, « Battlefield1 » entraîne les joueurs dans la tourmente de la Première Guerre Mondiale. Un jeu que nous avons pu tester en exclusivité.

Jean-François Morisse

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Plus réaliste qu'un Call of Duty, Battlefield propose un gameplay plus exigeant.
Plus réaliste qu'un Call of Duty, Battlefield propose un gameplay plus exigeant. — Dice

La dernière fois qu’un jeu vidéo nous avait emmenés dans les tranchées de la Guerre de 1914-1918, l’expérience jouait la carte de l’émotion davantage que sur l’adrénaline. Entre Soldats Inconnus sorti en 2014 et le tout nouveau Battlefield1 (disponible le 21 octobre sur consoles et PC), il y a tout un monde.

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Après s’être aventurés sur le terrain des guerres intergalactiques avec Star Wars Battlefront l’an passé, les Suédois de Dice, sous la houlette des Américains d’Electronic Arts, livrent un jeu d’action (FPS) grand spectacle qui propulse le joueur sur les champs de bataille d’une Première Guerre Mondiale qui n’a rien à voir avec celle des manuels scolaires. Ames sensibles s’abstenir, Battlefield1, c’est la guerre !

Au milieu des tranchées, des barbelées et des ruines, le joueur va, dans le mode histoire, découvrir l’âpreté des combats. On découvre ici cinq chapitres pour cinq moments distincts. Graphiquement impressionnant Battlefield1 met en scène certaines batailles restées célèbres comme le bataille des Dardanelles en 1916 ou celle de Vittorio Veneto dans les Alpes Juliennes en 1918.

Plongée aux coeurs des tranchées dans des décors inspirés par les véritables champs de bataille.
Plongée aux coeurs des tranchées dans des décors inspirés par les véritables champs de bataille. - Dice

Une caractéristique propre à la série. Depuis 2002, la série des Battlefield entraîne le joueur dans des conflits qui ont marqué l'Histoire. « La première Guerre Mondiale n’a que rarement été l’objet d’adaptation en films, en séries ou en jeux vidéo, explique Daniel Berlin, designer chez Dice, et ce conflit où se côtoyaient des tanks et des chevaux offrent une vraie variété de situations intéressantes à exploiter dans un jeu. »

Une guerre totale entre Europe et Moyen-Orient

On va donc piloter un char aux alentours de Cambrai puis monter à cheval au Moyen-Orient ou bien encore piloter un biplan… Une variété de situations et de décors comme seule la Grande Guerre, véritable charnière entre deux époques, pouvait en proposer. Une occasion pour les développeurs de varier les séquences de jeu alors que la panoplie des armes reste limitée, début du siècle oblige, et que la période n’est au final qu’un prétexte au jeu.

La Première Guerre mondiale, une période historique où coexistent chevaux et tanks sur un même champ de bataille.
La Première Guerre mondiale, une période historique où coexistent chevaux et tanks sur un même champ de bataille. - Dice

En mode multijoueur (sept modes de jeu différents), on court d’une planque à l’autre, d’un blindé à une jeep, pour se hisser dans un avion ou un énorme dirigeable au moment où les bâtiments alentour explosent. Haletant ! La guerre est totale, et, parce qu’il ne s’agit au final que d’un jeu vidéo, spectaculaire. Au total neuf cartes et autant de terrains de jeu attendent les joueurs en ligne, dont quatre en France.

Les Français et les Russes, absents de la guerre de 1914-1918

Malgré tout, on s’étonne de l’absence totale de soldats français dans le jeu. Comme si la France n’avait pas été impliquée dans ce conflit avec plus d’1,4 million de morts. La Russie, la seconde nation, après l’Allemagne, ayant payé le plus lourd tribut humain durant le conflit, est elle aussi totalement absente du jeu. Pourtant, le studio s’est livré à de nombreuses recherches historiques, ne serait-ce que pour « avoir quantité d’informations et de sources d’inspiration », souligne Daniel Berlin. Le designer précise avoir néanmoins pris de nombreuses libertés « car ce n’est qu’un jeu qui se doit, en tant que tel, d’être amusant et jouable avant d’être authentique ».

Dans Battlefield 1 le joueur incarne un fantassin mais aussi un pilote d'avion, de char ou d'autres véhicules. Une guerre totale.
Dans Battlefield 1 le joueur incarne un fantassin mais aussi un pilote d'avion, de char ou d'autres véhicules. Une guerre totale. - Dice

Et si la campagne transporte le joueur à travers toute l’Europe, le voyage ne dure que six heures… Les gamers auront sans doute à redire. Certes les développeurs promettent des suppléments à venir (DLC) mettant en scène les troupes respectives de ces deux pays, mais on s’étonne que dans un jeu qui s’inspire de ces événements tragiques, aucune référence ne soit faite aux principaux acteurs du conflit. Une façon pour l’éditeur américain de réécrire et de se réapproprier en quelque sorte l’histoire auprès de son public ?

Une expérience sous le signe de l’adrénaline

Même si certains choix éditoriaux ou artistiques peuvent paraître discutables, Battlefield1 reste un jeu d’action époustouflant dans lequel le joueur se sent perpétuellement en danger parfois sans même comprendre ce qui se trame, à l’instar d’un Fabrice Del Dongo en pleine bataille de Waterloo. Rarement le chaos de la guerre n’a été, pour ce qu’on en imagine, aussi bien retranscrit. C’est un peu l’ADN de la série Battlefield qui avec ce nouvel épisode livre une expérience de jeu intense et originale où l’on devine de façon un peu paradoxale, au regard de l’âpreté de ces combats virtuels, que la guerre n’est pas un jeu.