Un portrait de Roald Dahl par Quentin Blake, l'illustrateur de ses principaux livres
Un portrait de Roald Dahl par Quentin Blake, l'illustrateur de ses principaux livres — Quentin Blake

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Roald Dahl aurait eu 100 ans cette année... et encore cent secrets à révéler

Gallimard et Lire coéditent un album fleuve sur l’écrivain centenaire, une invitation à découvrir toutes les facettes du «géant de la littérature jeunesse»…

Qui est finalement le père de Charlie, Matilda et du Bon Gros Géant ? Album foisonnant en forme d’invitation au voyage intime, Roald Dahl, le géant de la littérature jeunesse (Gallimard jeunesse) dévoile les multiples facettes de l’auteur jeunesse le plus vendu de la planète - plus de 200 millions de livres vendus à ce jour. « Beaucoup de gens qui l’ont lu ne savent pas qui il est », relève Julien Bisson, rédacteur en chef du magazine Lire, à qui l’on doit cet ouvrage collectif qui livre au moins cent révélations sur l’auteur centenaire. En voici déjà cinq…

Roald Dahl, employé du MI6 

Son passé d’espion figure parmi les secrets longtemps gardés. Durant la Seconde Guerre mondiale, Roald Dahl s’engage dans la Royal Air Force. Gravement blessé en Libye, il souffre de terribles maux de tête qui l’obligent à quitter le combat et à rentrer en Angleterre. Mais là ne s’arrête pas son engagement pour un monde libre. Il est envoyé comme attaché d’ambassade à Washington, où il espionne la haute société pour le compte de la couronne britannique.

« Je doute qu’il ait été un espion à la James Bond, même s’il a fréquenté les mêmes cercles que Ian Flemin, raconte Julien Bisson. En revanche, il essayait d’influencer les grands décideurs américains d’entrer en guerre ». D’un point de vue littéraire, c’est aux Etats-Unis que Roald Dahl met le pied à l’écriture et publie ses premiers récits de pilote. Pour l’anecdote aussi, il signera des années plus tard le scénario d’On ne vit que deux fois

Roald Dahl, écrivain pour adulte

Résolument « punk », « subversif » et « sexuel », Roald Dahl ? A lire la contribution de Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, il ne fait pas de doute que oui. Le musicien fait ici référence à l’un des personnages de l’œuvre de Dahl, l’oncle Oswald, à qui l’auteur consacre un roman en 1979. Et plus généralement aux nouvelles et romans pour adultes écrits par Roald Dahl.

Car avant de se lancer en 1961 dans la littérature jeunesse, pour distraire ses propres enfants, il publie deux recueils d’histoires courtes, Bizarre, Bizarre ! et Kiss Kiss. Certaines seront adaptées pour la série télévisée «  Alfred Hitchcock présente », et le premier recueil recevra même le prix Edgar-Allan Poe de la nouvelle en 1954. Et s’il fallait encore se convaincre que « Roald Dahl fait partie des grands écrivains du XXe siècle », Julien Bisson « conseille absolument Moi Boy et Escadrille 80 », ses deux récits autobiographiques.

Roald Dahl, militant pour la vaccination

C’est une page plus sombre de la vie de Roald Dahl. Déjà marqué par la mort précoce de sa grande sœur, d’une appendicite à l’âge de 7 ans, l’auteur perd au même âge sa fille Olivia, qui meurt en quelques jours d’une rougeole contractée à l’école. Il lui dédiera Le BGG, des années après lui avoir dédicacé son premier livre à succès pour enfants James et la grosse pêche.

En 1986, plus de 20 ans après la mort de sa fille, Roald Dahl écrit une lettre pour appeler les parents à vacciner leurs enfants contre cette maladie infantile. « En une heure elle était inconsciente, en 12 heures elle était morte », témoigne-t-il. En 2015, en pleine polémique sur un retour de la rougeole aux Etats-Unis, sa lettre fait le tour des réseaux sociaux.

Roald Dahl, et le troisième Charlie

« Un premier chapitre absolument hilarant ». Tel est le sentiment de Julien Bisson, qui a pu tenir entre leurs mains et lire le début du troisième tome des aventures de Charlie. Car Roald Dahl a bien imaginé, un temps, écrire la suite de Charlie et la chocolaterie et de Charlie et le grand ascenseur de verre. Elle se serait appelée Charlie à la Maison-Blanche, mais l’auteur n’a pas poursuivi au-delà des trente premières pages.

Roald Dahl, « papa » des gremlins

Film culte des années 1980, Gremlins met en scène des petites créatures qui, à l’origine, ont été rendues populaires par Roald Dahl. L’auteur a puisé dans son passé de pilote pour imaginer les aventures de ces drôles de lutins, auxquels les aviateurs attribuaient tous leurs problèmes mécaniques et autres avaries.

Disney s’intéresse de près à ces personnages, et publie un album, jamais traduit en France, présenté comme « A royal air force story by Flight Lieutenant Roald Dahl ». Par la suite, le studio abandonnera un projet de film d’animation, tout en gardant les droits d’adaptation cinéma du livre… qui ne reviendront d’actualité qu’avec le film de Joe Dante, produit par Steven Spielberg.